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13 février 2008

En voyage

Ce petit voyage à Kyushu nous a une nouvelle fois donné l'occasion de faire l'expérience de cette conception du voyage toute particulière qu'ont les Japonais.

Ici, en effet, inutile de compter sur les pannes de motrices, arrêts en pleine voie, mouvements d'arrêt de travail d'une catégorie du personnel, grèves et autres retards inexpliqués pour pimenter votre voyage. Un retard ou une annulation de vol ou de train à grande vitesse ne peuvent être dus qu'à un typhon, à un tremblement de terre ou, à l'extrême rigueur, à d'importantes chutes de neige. Ce week-end, d'ailleurs, il y a eu quelques perturbations liées à la neige, mais ça n'arrive qu'une ou deux fois par an et il est rare que tout le pays soit touché.

Il faut donc trouver autre chose pour divertir les passagers. Nous, par exemple, nous sommes partis de Centrair, qui est le nouvel aéroport de Nagoya. Centrair, inauguré en février 2005 à l'occasion de l'exposition universelle, est moderne, clair et lumineux. Il offre aux voyageurs tout ce qui est nécessaire pour voyager dans de bonnes conditions: des boutiques de souvenirs, des restaurants et des bains. Son ouverture, il y a trois ans, a attiré les foules. Les visiteurs sont accourus de toute la préfecture d'Aichi et même des préfectures avoisinantes. C'est le côté un peu désuet du Japon, on va en famille voir les avions, comme dans "Le dimanche à Orly", comme chez nous il y a trente ans... Il y a trois ans, on pouvait voir au journal télévisé régional des files interminables devant les restaurants de l'aéroport, car les gens ne rechignaient pas à attendre deux heures pour manger un bol de ramen parfaitement ordinaire et rigoureusement identique à celui qu'ils auraient pu manger en bas de chez eux. Le comble, c'est que pendant cette semaine inaugurale de folie, l'énorme majorité des clients étaient des curieux et non pas des voyageurs, ces derniers se voyant obligés de renoncer à se restaurer avant le départ sous peine de manquer leur avion. Ce qui a très bien marché aussi à l'ouverture de Centrair, c'est la mascotte de l'aéroport. En peluche, en plastique, à suspendre à son téléphone, en tapis de souris, elle a remporté un tel succès qu'en deux jours les boutiques de souvenirs étaient en rupture de stock. Eh oui, car l'avantage à Centrair, c'est que tout le monde est kawaii, voyez plutôt:

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Ce sont tous nos Centrair Friends! Il y a Jet-kun, Hikoki-kun, (les avions), Kumo-kun et Kurokumo-kun (les nuages), Inu-kun et Neko-chan (le chien et le chat) (kun et chan sont de petits suffixes affectueux utilisés pour les enfants ou les petits animaux mignons)... je ne vais pas tous vous les citer, la mascotte est en bas, c'est la créature rouge avec le chapeau. Alors, mon mari vous dira: "Ils prennent vraiment les gens pour des ... hum... demeurés", mais moi qui maîtrise désormais parfaitement le deuxième degré et qui vais bientôt passer au troisième, je trouve ça cute et kawaii.

A notre arrivée à Oita, il n'y avait pas de mascotte, enfin, je ne suis pas sûre d'avoir bien regardé, mais s'ils ne donnaient pas dans le kawaii, en revanche ils avaient le sens de l'humour, ce qui est plus rare ici. En effet, au milieu des valises, sur le convoyeur à bagages, on pouvait voir tourner ceci:

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C'est une énorme assiette qui porte l'inscription "Welcome to Oita Airport", garnie de deux magnifiques sushi aux oeufs d'oursin en plastique. Elle a la taille d'un gros bagage et passe sans cesse sur le convoyeur, un peu comme quand on va dans un kaitenzushi... Quand on ne peut pas être kawaii, il faut savoir être original!

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08 février 2008

Confusions...

Merci à tous ceux qui m'ont souhaité une bonne année du rat... Vous en avez sans doute entendu parler davantage en Europe que moi ici, car le Japon est entré dans l'année 2008 le 1er janvier, comme les pays occidentaux, et le Nouvel An chinois n'est pas du tout fêté ici. Le Nouvel An japonais est complètement distinct du Nouvel An chinois. Même si les Japonais ont gardé la tradition de consacrer chaque année à un animal, ils ont complètement abandonné le calendrier lunaire chinois. Les festivités du Nouvel An sont terminées depuis la mi-janvier et les magasins ne consacrent pas, comme c'est le cas depuis quelques années en Europe, des rayons aux produits chinois en l'honneur du Nouvel An chinois, surtout vu l'état des relations entre la Chine et le Japon en ce moment! En plus, il faut faire de la place pour la Saint-Valentin et Hina Matsuri le 3 mars. Le Nouvel An chinois doit tout au plus faire l'objet d'un entrefilet dans les journaux et je ne sais même pas si a eu droit à une couverture quelconque au journal télévisé...

Ce qui fait la une aujourd'hui, c'est l'arrestation de trois sumos dans le cadre d'une enquête sur la mort d'un jeune apprenti sumo en juin dernier, la suite du feuilleton des gyoza empoisonnés, et cette fameuse vidéo que les Australiens ont eu le mauvais goût de diffuser, qui montre un bateau japonais en train de pratiquer des activités de "recherche" sur une baleine et son petit. C'est rageant, à la fin, les Japonais font tout ce qu'ils peuvent pour faire progresser la science, et voilà qu'un bateau des douanes australiens (même pas Greenpeace) se trouve là et les filme en train de harponner le baleineau et sa maman, sans comprendre le moins du monde qu'il s'agit là d'une activité de recherche. Qu'est-ce qu'ils peuvent être bouchés, parfois, les Australiens, ça doit être à force de vivre la tête en bas. Enfin, ce matin, le Japon a officiellement adressé, par la voix de son ministre de la Pêche (remplaçant sans doute son collègue de la Recherche qui devait être empêché...) un message au gouvernement australien pour lui faire savoir qu'il trouvait cette initiative fort regrettable.

Les Japonais n'en sont pas à une contradiction près, mais enfin, c'est un peu le cas de tout le monde. Les traditions restent vivaces, plus que chez nous me semblent-il. Juste pour apporter quelques éléments de réponse à Mook, qui demandait si tout le monde respectait vraiment toutes ces traditions ou si cela dépendait des gens, je dirais - mais c'est juste mon sentiment personnel - que c'est avant tout une affaire de conformisme, mais aussi que les Japonais sont les champions du syncrétisme. C'est-à-dire qu'ils mélangent sans problèmes plusieurs doctrines différentes. Environ 85% se disent à la fois bouddhistes et shintoistes, et ça n'empêche pas de nombreux jeunes couples de vouloir à toute force un mariage "à l'église".

Je me suis souvent demandée, quand je vois ce genre d'autel: 

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si des gens qui descendent d'une Toyota dernier modèle, avec GPS et radar de recul, se prennent en photo devant le sanctuaire avec leur téléphone et envoient immédiatement la photo à leur copain vénérent réellement la divinité shinto qui est censée se trouver dans ces grenouilles... Cela dit, ça ne les empêche pas d'aller dans les temples, dans les sanctuaires et à payer (fort cher souvent) toutes sortes de cérémonies destinées à porter chance aux examens, à assurer un accouchement facile, à éloigner le mauvais sort ou à éviter les accidents de voiture. Je crois qu'il y a une part de conformisme, comme tout le monde le fait, on ne pas être en reste, que diraient les Yamamoto s'ils apprenaient que nous n'avons pas fait faire de cérémonie pour les examens de notre fils, et une part du pari de Pascal, et qu'ils se disent peut-être que si ça ne fait pas de bien particulier, au moins ça ne peut pas vous nuire...

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06 février 2008

Du rayonnement de la Belgique à l'étranger

Le billet d'aujourd'hui est dédié à mes lecteurs belges adorés, qu'ils soient belges de souche ou belges d'adoption. Les autres peuvent rester, bien entendu, même si ce n'est pas sous-titré. Enfin, ce ne sera pas en néerlandais non plus, je ne m'appelle pas Daniel Ducarme...

Coïncidence, le site du journal "Le soir" m'apprend que les services du Premier Ministre sont en train de mettre la dernière main à une campagne publicitaire destinée à faire connaître la Belgique aux décideurs économiques du monde entier, en leur vantant notamment les avantages fiscaux offerts aux investisseurs étrangers désirant s'installer dans le royaume. Amis d'outre-Quiévrain, si vous nourrissez quelques inquiétudes quant au rayonnement de la Belgique à l'étranger, un petit tour dans les rayons des supermarchés japonais devrait suffire à vous rassurer. Certes, si vous demandez à un Japonais de situer la Belgique sur la carte de l'Europe, il sera un peu embarrassé. Que connaît-il de la Belgique? Son actualité politique trépidante, son gouvernement temporaire, son orange bleue, ses formateurs? Non. Sa famille royale, son prince héritier glamour et les chapeaux de tante Fabi? Non plus. Son architecture, ses béguinages, la Grand-Place de Bruxelles? Pas davantage.

En revanche, à l'approche de la Saint Valentin, ce qu'un Japonais sait parfaitement, c'est qu'il n'est de bon chocolat que

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Je me permets de renvoyer ceux qui n'auraient pas suivi depuis le début à l'article sur l'écriture que j'ai infligé aux lecteurs de ce blog le 31 octobre dernier. Dans la partie consacrée aux katakana, j'ai essayé d'expliquer que la langue japonaise ne fait pas de différence entre le "L" et le "R", et qu'ici le bon chocolat peut donc tout aussi bien être "berge" que "belge".

En gourmets avertis, les Japonais ne s'y trompent pas. Ils savent bien, eux, que si on avait écouté les chocolatiers berges et flançais, un certain nombre de cochonneries vendues aujourd'hui dans l'Union européenne ne mériteraient pas l'appellation de chocolat. Donc, le consommateur japonais qui fait ses emplettes pour la Saint-Valentin (en l'occurrence, il s'agit de la consommatrice, puisqu'à la Saint Valentin, ce sont les femmes qui offrent des chocolats aux hommes) est à l'affût d'un label de qualité lui permettant de faire son choix en toute connaissance de cause. Ainsi, sur l'emballage de ce "setto" qui permettra de réaliser de succulents gâteaux au chocolat berge, figure le drapeau national censé rassurer l'acheteur potentiel sur la provenance du produit. Ca, c'est pour montrer à ceux qui en douteraient que le drapeau belge sert encore à quelque chose, puisqu'il est renseigné sur les paquets de pralines!:   

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Un gros plan pour que vous le voyez mieux:

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Oui, comme vous, je m'interroge... la perte des trois dernières lettres augure-t-elle mal de l'issue de la crise institutionnelle que traverse le pays? Allons, soyons positifs puisque, comme me le faisait observer mon fils, ils auraient pu écrire "Republic"...

La marque "Champs d'Arômes" (en berge dans le texte) nous propose un assortiment de chocolats tous signés de grands chocolatiers belges... de supermarché. Je dois préciser que, pour mériter le titre de maître chocolatier chez Champs d'Arômes, le critère décisif  est semble-t-il d'avoir la combinaison de lettres "ck" dans son nom de famille. C'est pour cette raison que Wittamer, Debailleul et Marcolini n'ont pas été retenus. Chez Champs d'Arômes, tous les "chefs" se sont fendus d'une petite lettre manuscrite reproduite au dos de l'emballage, en anglais pour ne pas raviver la querelle linguistique, dans laquelle ils se déclarent "very delighted to be able to introduce" leur "genuine Belgian chocolate", ce qu'ils font d'ailleurs avec "pride and confidence". Pour chacune de ces lettres, dont le libellé est rigoureusement identique, l'écriture est différente, prouvant bien que c'est le chef lui-même qui l'a écrite. La lettre est au dos de l'emballage, mais c'est tellement petit qu'en photo, on ne sait pas la voir, c'est pour ça que je ne vous la montre pas!

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Ces douceurs aux noms évocateurs font aussi leur possible pour respecter l'équilibre entre les communautés, même si accoler le qualificatif de "fancy" à Verviers me paraît un peu tiré par les cheveux (si vous êtes Verviétois et que vous trouvez que c'est justifié, en dehors des fancy fairs, vous avez le droit de réclamer). Verviers a beau être la capitale wallonne de l'eau, je ne pense pas que cette riante cité soit plus que réputée que les autres pour son chocolat...

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Pas plus que Leuven, par exemple, mais enfin il faut bien être juste, et si Verviers la Wallonne a Christian Van Herck, Leuven la Flamande ne sera pas en reste avec Vincent Dierickx. Dommage que ce soit toujours la même photo et, pour les Belges d'entre vous, c'est quoi, d'ailleurs, sur cette photo? Le premier qui me répond gagne une boîte de plarines berges version Soleil Levant.

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Il est à noter que les chocolats de l'assortiment "Chocolat Leuven", ont tous des parfums typiquement belges, comme le pamplemousse, le limoncello et le thé, enfin tous ces produits du terroir qui ont fait la renommée du Brabant flamand.

Bon, nous avons fait plusieurs dégustations et franchement...ça goûte fort la margarine, tout ça! Même ceux qu'on trouve au Delhaize à Pâques dans des sachets en plastique sont meilleurs. Cela dit, dans l'ensemble, c'est une opération très positive car si l'on considère la part que représentent les produits belges (ou prétendus tels) dans le rayon "chocolats" au Japon, il est indéniable que la position de la Belgique sur la scène internationale en ressort considérablement renforcée!

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04 février 2008

Haricots et démons

Hier, le 3 février, c'était Setsubun. Non, ce n'était pas un jour férié, néanmoins c'est une fête encore très populaire au Japon.

Le mot "setsubun" signifie à peu près division, point de passage entre deux saisons. Le jour du "setsubun" est la veille d'une nouvelle saison. Plusieurs sites que j'ai consultés pour mes recherches indiquent qu'il y avait autrefois plusieurs "setsubun" dans l'année. En outre, dans l'ancien calendrier japonais importé de Chine, il y avait vingt-quatre divisions extrêment précises correspondant en fait à des périodes d'environ quinze jours. Si vous vous intéressez à la question et que vous lisez l'anglais, vous consulterez avec profit ce site. Si vous avez des connaissances en astronomie, elles ne seront pas inutiles...

Quoi qu'il en soit, seul le setsubun précédant la période appelée "Risshun", début du printemps, est toujours célébré aujourd'hui. C'était déjà, par le passé, le plus important des setsubun de l'année puisqu'il précédait la nouvelle année lunaire (elle commence le 7 février cette année, ce sera le Nouvel an chinois). Le Japon a adopté le calendrier grégorien et ne fête plus le Nouvel an en février, mais la tradition de Setsubun subsiste.

De quoi s'agit-il? Eh bien, encore une fois, d'éloigner les mauvais esprits et d'attirer à soi la bonne fortune. Dans le passé, il était paraît-il courant de suspendre à sa porte des têtes de sardines grillées et des gousses d'ail pour éloigner les démons. Cette coutume a l'air d'être tombée en désuétude... En revanche, une autre coutume reste bien vivante, celle qui consiste à lancer des haricots sur les démons en criant "Oni wa soto, fuku wa uchi", (les démons, dehors, le bonheur, dedans!). Cette tradition peut être célébrée à la maison, où en général le maître de maison se dévoue pour porter un masque de démon et se faire bombarder de fèves de soja grillées. Ensuite, chacun ramasse les haricots et en mange un nombre équivalent à son âge plus un an.

Certains sanctuaires organisent également des cérémonies pour setsubun, et le sanctuaire le plus proche de chez nous est particulièrement renommé pour cette fête, car il se spécialise dans la lutte contre le mauvais sort...

Dès l'approche du sanctuaire commencent à apparaître les petits stands de nourriture qui accompagnent toute célébration religieuse au Japon, qui vendent des beignets au poulpe, des brochettes ou des bonbons. Pour Setsubun, cependant, la plupart d'entre eux sont consacrés à la glorification de la fève de soja,

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aux fèves, pois, graines et haricots en tous genres, bref aux légumineuses sous toutes leurs formes, ainsi qu'aux fruits et légumes séchés.

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Au sanctuaire, il y avait effectivement foule. La cérémonie proprement dite se déroulait par "sessions" d'une vingtaine de personnes, chaque session durant à peine un quart d'heure. L'avantage, c'est que la célébration a lieu devant un autel qui n'est séparé de la véranda sur laquelle se tient le public que par une petite balustrade de bois. On voit donc très bien ce qui se passe, et comme il y avait des gens qui prenaient des photos, nous en avons pris aussi.

Avant la cérémonie, les officiants placent sur le sol des petites boîtes en bois carrées contenant des haricots grillés, mais aussi un petit bout de branchage et une bandelette de papier.

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Les plateaux sont posés à même le sol, en nombre égal à celui des participants à la session.

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C'est le début de la cérémonie, les participants sont assis à la japonaise, sur leurs talons, devant leur plateau et un des officiants lit leurs noms (je pense qu'ils ont versé leur obole pour la cérémonie...)

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Ils vont tous à tour de rôle devant l'autel, où sont placés de grands bols fumants dans lesquels ils placent un haricot, puis ils reviennent à leur place, et un des officiants fait le tour pour recueillir les petits bouts de branchage et les petites bandes de papier.

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C'est alors le grand moment du "mame-maki", le lancer de haricots, annoncé par force coups de gong et tintements de cloche: les participants se lèvent et crient "fuku wa uchi" (que le bonheur entre") en jetant des haricots dans l'assistance. 

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C'est fini pour cette session! Vous avez manqué le début? Pas de problème, ça recommence aussitôt... Eh oui, il n'y a qu'une vingtaine de places et vu le nombre de personnes qui attendent... Un des officiants prend le balai pour ramasser les haricots de la précédente fournée, un autre dispose les plateaux garnis de nouvelles munitions, et c'est reparti! 

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Autre coutume de setsubun, originaire de la région du Kansai (Osaka - Nagoya) mais qui, grâce aux efforts des grandes chaînes de supermarchés et autres convenience stores, commence paraît-il à se répandre dans tout le pays: manger un makizushi en se tournant vers une direction donnée, qui change tous les ans. Il faut manger tout son maki sans dire un mot. Pour setsubun, les supermarchés vendent les makizushi non débités en tronçons et affichent la direction à respecter. Cette année, la bonne direction, c'est sud-sud-est!

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26 janvier 2008

Hippopotame hilare

Tout d'abord, merci à celles qui m'ont proposé de l'aide pour les transparents My Mind's Eye. Je n'ai rien de concret pour l'instant, donc mon appel reste toujours valable. Entretemps, je me suis aperçue que les sites Photopassion75 (Magasins "Le temple du scrap" à Paris et à Lyon je crois) et Imaginascrap.com proposent aussi ces articles. Si vous allez dans ces magasins ou que vous vous préparez à commander, merci de me faire signe...

A part ça, vous vous demandez sans doute à quoi rime ce titre, mais vous allez bientôt comprendre.

Le Japon est sans doute l'un des seuls pays au monde où la simple évocation du dentiste peut vous faire sourire. En effet, les dentistes japonais semblent déployer des trésors d'imagination pour tenter de modifier l'image que se font les patients de leur redoutable profession. Les cabinets dentaires ont donc souvent tendance à adopter, comme "identité visuelle", pour parler comme les spécialistes du marketing, des petits dessins ou personnages kawaii, cute, mignons quoi, qui vous donnent tout de suite envie sont susceptibles d'apaiser la panique qui vous prend à l'idée d'aller vous asseoir sur le fauteuil.

Et pourquoi ont-ils besoin d'une identité visuelle? Parce qu'au Japon, la grande majorité des pancartes publicitaires qu'on voit dans la rue concernent des cabinets médicaux. Quelques grands magasins et supermarchés sont signalés, mais c'est à peu près tout, il n'y a pas d'affiches publicitaires pour des marques ou des produits dans la rue comme en France. La plupart des pancartes, qui sont souvent placées aux grands carrefours, par exemple, servent à annoncer que le cabinet dentaire Nakajima est à 250 mètres après le supermarché en allant vers le nord (moi, ça ne me dit rien, mais les Japonais, si), que l'ophtalmo Yamamoto, c'est au troisième feu à gauche et puis tout de suite à droite, etc. Je crois vous avoir déjà dit que "Where the streets have no name", c'est ici. Comme ça ne sert à rien de mettre une adresse sur le panneau, on met le plus souvent un plan et les indications pour arriver au cabinet. Et ceux qui ont les pancartes les plus kawaii sont sans conteste les dentistes.

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Celui-ci, par exemple, a choisi une souriante molaire pour le panneau sur lequel ses heures de consultation sont indiquées. La première ligne, c'est pour le matin, la deuxième ligne pour l'après-midi, et les jours sont sur six colonnes. Pas de dent le jeudi après-midi: le cabinet est fermé.

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Celui-ci a choisi un hippopotame hilare pour son enseigne (nous y voilà!). Mais attention, mignon, l'hippopotame. Les hippopotames ont souvent la faveur des dentistes japonais, sans doute à cause de leur impressionnante dentition. Sur certains panneaux, ils brandissent une brosse à dents, ce qui les rend encore plus kawaii.

Ici, attention, ça devient très subtil:

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Voici le panneau annonçant que, pour le cabinet dentaire Yamada, ce sera 150 m vers l'est après l'arrêt de bus (Comment, vous ne savez pas où est l'est, mais il y a le nord indiqué sur la pancarte!). L'identité visuelle qu'a choisie le cabinet Yamada est claire pour un Japonais, un peu moins pour un étranger... En fait, je dois vous avouer que, pendant un certain temps, j'ai pris cette pancarte pour une publicité pour un marchand de pianos. L'impeccable alignement des dents qui me rappelait les touches du piano, sans doute, et la similitude entre Yamada et les pianos Yamaha... Lors d'un arrêt un peu prolongé à un feu, un examen plus attentif du panneau m'a révélé qu'il s'agissait d'un dentiste, puisque M. Yamada nous gratifie même de l'inscription Yamada Dental Clinic en anglais.

En fait, il s'agit ici non pas d'un jeu de mots mais d'un "jeu de kanji". Le kanji "ha" qui signifie "dent", a été schématisé et les dents sont représentées à l'intérieur. On voit bien, sur l'enseigne ci-dessous, la similitude de forme entre le symbole choisi et le troisième kanji en partant du haut, le fameux "ha".

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Bon, je fais la maline, comme ça, mais il n'y a vraiment pas longtemps que je m'en suis rendu compte...

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16 janvier 2008

Fleur de saison

Quand j'étais petite, je trouvais que parfois les adultes se passionnaient pour des choses qui, à mon avis, n'en valaient pas la peine. C'était notamment le cas des camélias. Le camélia, c'était beau, cher et notoirement difficile à cultiver. Leur floraison, notamment, semblait obéir à des règles que seul l'arbuste avait l'air de connaître. Il n'y en avait pas énormément dans notre entourage, assez peu en tout cas pour que leur présence soit répertoriée. "Tiens, là, ils ont un camélia". "Leur camélia n'a pas beaucoup fleuri".

Les camélias semblaient consacrer toute leur existence végétale à provoquer la frustration de leur propriétaire. Pourtant, ce n'était pas faute de soins. Généralement, lorsqu'il était question de camélias, tout le monde y allait de son petit conseil de culture: "il faut les planter au nord", "ça ne craint pas le gel, mais il faut les protéger de la neige". On hésitait à en acheter un pied compte tenu du prix prohibitif de l'arbuste et de l'incertitude quant aux résultats... Certains franchissaient le pas et se désespéraient ensuite de l'absence quasi totale de boutons, ou pire encore, de voir les boutons pourtant prometteurs avorter pour une raison inconnue.

Parfois, on était admis en présence d'un camélia fleuri devant lequel les adultes se récriaient. Moi, je ne voyais pas tellement l'intérêt, oui, ça faisait de jolies fleurs, mais un peu clairsemées quand même... Les adultes espéraient grappiller de précieux conseils de culture auprès de l'heureux propriétaire du divin arbuste qui, avec des allures faussement modestes, expliquait qu'il ou elle n'y était pour rien, que c'était sa mère ou son oncle qui l'avait planté là, et que d'ailleurs on ne s'en occupait jamais. A d'autres... les adultes prenaient un air entendu, soupçonnant qu'il y avait là quelque secret qui ne serait jamais divulgué.

Bref, pour moi, le camélia, c'était ça: un arbuste de luxe, la star du jardin, adulée et surpayée, une diva des plates-bandes, capricieuse et imprévisible.

C'est la raison pour laquelle, lors de mon premier hiver au Japon, ma première réaction quand j'ai vu ça a été l'incrédulité:

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Ca ressemblait de manière frappante à un camélia mais c'était beaucoup trop grand, et surtout il y avait beaucoup trop de fleurs pour que ça en soit un.

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Et puis, surtout, il y en avait partout! En arbre, en haie, en arbuste taillé, à l'état sauvage, dès le mois de décembre, impossible d'y échapper. J'ai demandé à une amie qui m'a confirmé que c'était bien des camélias.

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Le camélia, tsubaki en japonais, porte le nom de Georg Joseph Kamel, missionnaire et botaniste tchèque du XVIIe siècle et grand spécialiste des plantes orientales. Ce n'est pas lui qui a "découvert" le camélia, mais le grand botaniste suédois Linné, qui a établi la première classification bontanique, a voulu l'honorer en donnant son nom au genre "Camellia". Eh oui, Kamel écrivait en latin, à l'époque, et signait Camellius. C'est courant en botanique, le dahlia doit son nom à M. Anders Dahl et le fuchsia à M. Leonard Fuchs. Mais revenons au camélia. Il a été décrit pour la première fois à la fin du XVIIe par l'Allemand Meister et le Hollandais Cleyer qui, voyageant pour le compte de la Compagnie des Indes orientales à partir de Djakarta, ont découvert le camélia à Nagasaki, alors un poste de commerce des Hollandais. Si vous êtes amateur de thé, vous savez sans doute que le nom scientifique de la plante qui produit le thé, c'est camellia sinensis (camélia chinois). Notre capricieux camélia, c'est camellia japonica (camélia japonais). Pour l'anecdote, le camellia japonica aurait été introduit en Europe dans l'espoir, qui s'est révélé totalement vain, de concurrencer le camellia sinensis. Las! ce qui compte, dans le camélia du Japon, ce sont les fleurs, pas les feuilles. Cependant, les deux arbres sont bel et bien deux espèces qui appartiennent au même genre.

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Le camélia est très populaire au Japon. Il apparaît sur de nombreuses estampes, il est cité dans de nombreux haïkus. Lors de mes recherches, je suis d'ailleurs tombée sur la critique d'un livre que l'aimerais bien lire, "Tsubaki", de Aki Shimazaki, publié en français aux éditions Babel. Si jamais vous l'avez dans votre bibliothèque...

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En ce moment, donc des camélias, on en voit partout. Ils n'ont pas l'air d'avoir été plantés à un point cardinal particulier ni d'être protégés de quoi que ce soit. On les plante, ils poussent, et ils fleurissent, c'est tout. Ils fleurissent même très jeunes, tout petits, avec trois rameaux, ils ont déjà une douzaine de fleurs. Quand on voit le mal que certains se donnent chez nous... Certes, le camélia, ici, c'est le régional de l'étape, mais enfin est-ce une raison pour s'afficher avec une telle ostentation? 

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14 janvier 2008

Le bel âge...

On célèbre aujourd'hui au Japon Seijin-shiki, c'est-à-dire la fête de la majorité. L'âge de la majorité est fixé à 20 ans. C'est un jour férié, et tous les jeunes dont le vingtième anniversaire se situe entre début avril 2007 et début avril 2008 sont conviés à une cérémonie civile pour célébrer (le plus dignement possible) leur passage à l'âge adulte.

Ces cérémonies sont organisées à différents endroits, le plus souvent dans des écoles secondaires.

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Ce matin, donc, il y avait foule autour du collège du quartier. Pour Seijin-shiki, les jeunes filles portent un kimono, ou plutôt un furisode, kimono à manches très larges que ne portent que les jeunes femmes non mariées. De ce côté-là, la tradition est encore très vivace. Les garçons, eux sont plutôt en costume-cravate; certains portent le hakama traditionnel gris ou bleu foncé, mais certains provocateurs se présentent vêtus de hakama colorés avec la ferme intention de jouer les trouble-fête...

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Furisode, peut-être, mais aussi cheveux teints et permanentés, la nouvelle génération respecte la tradition mais entend bien y imprimer sa marque.

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A vingt ans, au Japon, on a le droit de fumer et de consommer de l'alcool.

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Pour certains, et certaines, cela ne datait pas de ce matin!

Les parents accompagnent leur grand enfant jusqu'au lieu de la cérémonie mais ils n'y assistent pas, c'est l'occasion de faire une dernière photo...

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La cérémonie officielle serait, d'après les échos que j'en ai eu, plutôt une succession de discours ennuyeux prononcés par des fonctionnaires chevrotants désireux de sensibiliser les jeunes aux responsabilités qui les attend dans leur nouvelle vie d'adultes. Seijin-shiki, c'est aussi l'occasion des retrouvailles, car tous ces jeunes ont pour la plupart entamé des études universitaires et revoient, à l'occasion de la cérémonie, des camarades de lycée qu'ils ont quittés il y a un peu plus d'un an.

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Il est probable que, quelque temps avant la cérémonie officielle, ces jeunes auront aussi participé à une fête organisée à l'initiative de leur ancienne école, à laquelle ils auront retrouvé leurs amis de lycée, et où l'atmosphère aura été plus détendue.

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Seijin-shiki, c'est aussi une affaire de planification et de gros sous... Une amie dont la fille fête ses 20 ans cette année, et que je voudrais remercier, si elle passe par ici, pour ses explications, a réservé dès le printemps un furisode de location pour sa fille. En effet, beaucoup de ces tenues sont louées car l'achat d'un kimono neuf représente une fortune et, en plus, on ne peut porter le furisode qu'avant d'être mariée. Comme la plupart de ces demoiselles ont l'intention de convoler, rares sont celles dont la famille peut se permettre d'acheter un furisode qui restera ensuite dans sa boîte. Soit il y a déjà un furisode dans la famille (venant de la maman par exemple) que la fille peut porter, soit la famille en loue un. Mais le furisode, ce n'est pas tout, car il faut aussi les zori (les petites sandales) et le sac assorti, et la coiffure et tous ses ornements. Complication supplémentaire: l'habillage. Si on n'a pas l'habitude, il faut faire appel à une habilleuse et elle ne travaille pas pour rien. Même chose pour la coiffure...lorsque mon amie s'est renseignée, il y a plusieurs mois, auprès de la société chez qui elle a loué le furisode pour sa fille, qui propose une foule de prestations associées à la cérémonie, on lui a proposé un rendez-vous chez le coiffeur à ... 3 heures du matin. Finalement, leur coiffeur habituel faisait très bien l'affaire... Si on ajoute à tout ça les photos officielles réalisés pour l'occasion, Seijin-shiki se révèle ruineux pour les parents!

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05 janvier 2008

Promenade hivernale

A partir de demain, je vais reprendre mon rythme habituel, c'est-à-dire pas de travail le dimanche! Mais je vais vous laisser sur une petite promenade hivernale en images à l'occasion de laquelle nous verrons si vous avez bien suivi, ces derniers temps, tout ce que je vous ai raconté!

L'hiver, c'est, selon nous, l'époque idéale pour aller à Tsumago. Tsumago est un petit village situé dans la vallée de Kiso, à moins d'une heure et demie de Nagoya. A l'époque Edo, Tsumago et sa jumelle Magome étaient deux relais de poste situés sur la Nakasendo, une route qui reliait Kyoto à Edo (aujourd'hui Tokyo). Ces deux grosses bourgades offraient auberges, restaurants et magasins aux voyageurs et messagers qui empruntaient la route. A l'ère des autoroutes et du Shinkansen, qui se soucie désormais de prendre la route postale qui dessert l'intérieur du pays? Dans les années 60, pourtant, les habitants de Tsumago, inquiets de voir leur village se vider, ont commencé à entreprendre des travaux de restauration et de préservation de leurs maisons. Le gouvernement s'y est intéressé, et le village a été déclaré zone protégée. On a même fait l'effort d'y enterrer les câbles électriques...enfin, dans la rue principale. Les deux villages sont devenus plutôt touristiques, à la belle saison, des cars entiers y débarquent. Tsumago est quand même resté plus authentique, il y a encore des habitants à l'année, et c'est toujours là que nous allons. L'altitude n'y est pas très élevée, environ 400 mètres, mais il y a de la neige tout l'hiver, c'est un des charmes de la promenade en cette saison, allié à la rareté des touristes....

Depuis le parking qui borde la route de la vallée, on se faufile par d'étroits passages entre les bâtisses pour atteindre l'unique rue du village, le long de laquelle se serrent toutes les maisons.

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A l'époque de la route postale, en effet, il fallait se trouver sur le bord même de la route si on voulait bénéficier de la clientèle de passage. Cette rue est aujourd'hui piétonne et invite à la flânerie. Malgré le froid, il y avait quand même deux cars de touristes dûment accompagnés de leur guide. Certes, il n'y a qu'une rue, mais ce n'est pas une raison!

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Tsumago a conservé de nombreuses traditions des villages de montagne. Qu'est-ce qui sèche dans ces jolis filets en paille de riz? (c'est ici qu'on commence à voir si vous avez suivi).

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La rue du village est bordée de profonds caniveaux qui permettent d'évacuer l'eau de la fonte des neiges, mais aussi d'alimenter un réseau de viviers et de bassins car les habitants pratiquent la pisciculture. Ici, dans le coin à gauche, on aperçoit une roue à aube.

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Un peu plus loin, devant une maison, pourquoi ce décor à l'entrée?

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Un peu partout, des jolis coins secrets à découvrir, une lanterne enneigée,

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Une cour égayée de baies rouges:

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Un alignement de petits seaux à eau pendus sous le rebord du toit...

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La rue aujourd'hui ne comporte presque que des boutiques vendant de l'artisanat local (la vallée est réputée pour le travail du bois). Il s'agit de magasins de l'époque Edo, il n'y a pas de vitrine, mais une grande baie coulissante largement ouverte sur la rue quand le magasin est ouvert, même en plein hiver!

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Le sol est en ciment, voire en terre battue. Le magasin communique avec le logement des propriétaires, à l'arrière. Comme c'est souvent le cas au Japon à la campagne, la confiance règne. En ce moment, en plus, c'est la saison creuse, donc s'il n'y a personne dans le magasin, il faut sonner la petite cloche qui se trouve sur le comptoir, ou taper avec un petit maillet en criant "Gomen kudasai!"

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Tsumago est l'endroit idéal pour s'imprégner de la tradition. Dans une boutique qui vend des confiseries locales, nous avons vu, trônant sur le comptoir, cet édifice indissociable du Nouvel An au Japon, vous vous souvenez? Personnellement, c'est la première fois que j'en voyais un "fait maison".

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Pour terminer, nous sommes allés nous réchauffer dans une petite boutique qui possède un "irori", ce foyer ouvert creusé à même le sol au-dessus duquel on accroche une bouilloire, lui aussi typique des vieilles maisons japonaises. Le propriétaire fabrique exclusivement des grosses brioches cuites à la vapeur fourrées aux haricots rouges, aux noix, aux légumes ou ...à l'aubergine(!), que l'on déguste accompagnées d'un thé, autour de l'irori". 

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C'est la fin de la ballade! Comptez vous 10 points si vous avez reconnu les kakis qui sèchent sur le mur. Vous pouvez ajouter 10 points si vous avez répondu des décorations de Nouvel An à la deuxième question, et carrément 20 points de bonus si vous aviez retenu le mot kadomatsu. 20 points encore si, sur le comptoir, vous avez reconnu un kagami mochi, car celui-là, c'est un vrai, et pas une coque en plastique achetée au supermarché! Ici, on voit très nettement que la galette de riz se craquelle en séchant, et elle doit tenir jusqu'au 11 janvier...

10 points en moins si vous pensiez que le Japon était un pays tropical, 10 en moins aussi si vous pensiez que c'est seulement un univers de béton et de technologie! A lundi!

Posté par scrapo à 02:13 - Quotidien japonais - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 janvier 2008

Fin des vacances

Merci pour vos visites et commentaires d'hier! Je me doutais bien que l'aubergine susciterait des réactions, tant cela semble incongru. Non, Patricia, les poireaux ça ne marche pas, d'ailleurs c'est un légume inconnu au Japon, au grand soulagement de mon fils qui les déteste! D'après les informations que j'ai trouvées, il semblerait que cette coutume liée à l'aubergine date de l'époque Edo, à une période où les aubergines étaient particulièrement chères et considérées comme un légume de luxe. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, en revanche, on pourrait peut-être les remplacer par des courgettes, vendues ici environ 1,20 euro la pièce  (elles font à peine 3 cm de diamètre, en plus)! En ce qui concerne le kakizome, on choisit simplement de calligraphier un kanji ou un mot qui est censé porter bonheur, pas de rapport avec le sujet du rêve... Quoi qu'il en soit, en ce début d'année porteur d'augures et de présages pour les Japonais, si le nombre de visiteurs et de pages vues sur mon blog hier indique la tendance pour l'année, ce sera une année faste!

Au Japon, c'est aujourd'hui que se termine la période la plus festive du Nouvel An. Il va encore se passer des choses certains jours jusqu'à la mi-janvier, mais le 3 est le dernier des sanganichi, les trois jours fériés qui commencent l'année.

Ces trois premiers jours sont consacrés aux réunions de famille, aux visites et à la détente. A l'occasion des visites, les enfants reçoivent des "otoshidama", enveloppes contenant un ou plusieurs billets, qui correspondent à nos étrennes. Les Japonais offrent de l'argent liquide beaucoup plus volontiers que nous, non seulement au Nouvel An mais aussi à l'occasion d'un mariage, d'une naissance...ou de funérailles. Pour un mariage par exemple, personne n'achète de cadeau, mais on se présente avec une enveloppe garnie d'espèces sonnantes et trébuchantes. On trouve diverses enveloppes destinées à contenir ces dons, toutes ornées de noeuds élaborés mais les couleurs et les manières de nouer le noeud obéissent à un code bien complexe pour les étrangers...

DSC_0200

Autre symbole des sanganichi, les cerfs-volants (takoage) et le jeu de raquettes appelé hanetsuki. J'ai plutôt l'impression que ces jeux n'existent plus que sur les décorations et les cartes de Nouvel An, car si toutes les informations que je trouve m'indiquent que ce sont des jeux typiques du Nouvel An, je pense que les petits Japonais sont beaucoup plus intéressés par leur console de jeux que par ces cerfs-volants de papier:

takoage

                                                                                                      

ou ce fameux jeu de raquettes!

hanetsuki

En tout cas, j'aurai au moins appris pourquoi on voit ces raquettes en bois et ces cerfs-volants sur tous les dépliants publicitaires, cartes et bannières de saison. En fait, dans l'inconscient collectif, ils symbolisent toujours le Nouvel An même s'ils ont pratiquement disparu. Finalement, c'est un peu comme nos flocons et nos boules de neige sur nos cartes de voeux, alors que bien peu d'entre nous peuvent se vanter de connaître tous les ans un Noël blanc!    

A partir de demain, finies les vacances, et pour fêter ça il y aura du scrap!                                                

                              

Posté par scrapo à 02:41 - Quotidien japonais - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 janvier 2008

2 janvier

Pour commencer, encore une jolie surprise reçue dans ma boîte aux lettres:

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Une belle carte de voeux toute enneigée que Véro me fait parvenir de ses belles montagnes! Merci Véro!

A part ça, j'ai aussi reçu des cartes japonaises (beaucoup moins jolies car envoyées pour la plupart par des magasins, donc plutôt illustrées par un sujet en rapport avec leur activité), que la poste avait mis de côté pour nous depuis la mi-décembre, de sorte qu'elles nous soient toutes livrées en même temps le 1er janvier, par un des intérimaires que la poste a embauchés en masse pour ces trois premiers jours de l'année.

Cela m'amène tout droit à une grande tradition japonaise du 2 janvier: le kakizome. Tout ce qu'on fait pour la première fois lors de la nouvelle année est considéré avec une attention particulière, première prière, premier bain ou première livraison de marchandises dans les magasins. Il est aussi d'usage de faire une première calligraphie (ou de la faire faire à ses enfants!), qui porte le nom de kakizome:

Kakizome

La nuit dernière était également très importante, et il faut bien se souvenir des rêves qu'on y a faits! En effet, le premier rêve de l'année, dit Hatsu yume, est censé donner le ton pour le reste de l'année. Généralement, comme on ne dort quasiment pas dans la nuit du 31 au 1er car on va au temple, c'est le rêve fait dans la nuit du 1er au 2 janvier qui compte. Les sujets de rêve les plus auspicieux sont, dans l'ordre: le mont Fuji, le faucon, et l'aubergine! Si vous avez rêvé d'aubergines cette nuit, il y a de bonnes chances pour que l'année 2008 vous soit particulièrement favorable!

Posté par scrapo à 02:51 - Quotidien japonais - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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