N'allez pas croire que je ne scrappe plus... j'ai fait deux petites réas dimanche, mais je les ai confiées aux bons soins de la poste, et comme celle-ci était en grève lundi, je ne sais pas du tout quand elles arriveront ni quand je pourrai vous les montrer...

 Mais aujourd'hui, ce sera le jour de la petite histoire, avec une pensée particulière pour les candidats qui vont passer leur matinée à disserter sur les sujets de philosophie du baccalauréat. Pour les futurs bacheliers, et tous les autres futurs diplômés car même si, en fin de terminale, le bac apparait comme un aboutissement, il n'est en fait qu'un point de départ pour ceux qui souhaitent continuer leurs études.

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Et le chemin est long et semé d'embûches...aussi, j'ai été enchantée de découvrir dans le Guardian (vous avez été prévenues la dernière fois!) un petit article relatant l'initiative du professeur Johanes Haushofer, professeur assistant de psychologie à la prestigieuse université américaine de Princeton, qui a décidé de publier son CV "en négatif", c'est-à-dire un CV recensant non pas ses réalisations les plus notables mais ses échecs. Ce CV comporte plusieurs rubriques, comme un CV classique, mais au lieu de ses réussites, le professeur y a fait figurer tous ses échecs: concours d'entrée ratés, candidatures à des postes non retenues, articles refusés par des revues universitaires, bourses et financement de recherches non obtenus... Cette idée lui a été inspirée par un article de Melanie Stefan, elle aussi professeur de psychologie, paru dans Nature.

Le constat de Melanie Stefan est simple et plein de bon sens: un CV classique reflète les plus belles réussites d'une carrière (universitaire ou pas) soit une toute petite partie du travail accompli. La majeure partie du temps passé à faire des dossiers, des recherches, des travaux pour des projets ou des candidatures qui tournent court n'est absolument pas prise en compte. Ce n'est finalement qu'en faisant la liste de tous les échecs qu'on a essuyés qu'on peut donner une idée du travail fourni. Pour une heure de travail passée sur une proposition qui a été acceptée, Melanie estime en avoir passé six sur des propositions refusées, et cela ne se voit pas sur un CV!

Les deux professeurs délivrent ainsi un message d'encouragement dont nous pouvons tous, étudiants ou pas, nous inspirer, même au quotidien. Ils remettent les choses en perspective, car derrière chaque belle réussite il y a aussi beaucoup d'échecs...Evidemment, comme personne (jusqu'à ces deux professeurs) ne publie la liste de ses échecs, on a l'impression que les autres font des carrières extraordinaires alors qu'ils ont échoué autant que nous. Le professeur Haushofer, qui ne manque pas d'humour, conclut son CV par son "plus bel échec": "ce foutu CV d'échecs aura attiré davantage l'attention sur moi que la totalité de mes travaux universitaires!"

L'article en v.o est ICI