Le destin est ironique... l'histoire retiendra-t-elle que le 18 décembre 2011 ont disparu en même temps un ardent défenseur de la liberté, en République tchèque et un de ses plus farouches adversaires, en Corée du nord?

Pour rendre hommage à Vaclav Havel, vous aurez peut-être du mal avec "la Garden party", parce que son oeuvre de dramaturge n'est pas des plus abordables... alors voici un hommage , qui date déjà d'il y a vingt ans, extrait de "Lettres à Doubenka", du grand Bohumil Hrabal (on a tendance à oublier qu'il n'y a pas qu'un grand écrivain tchèque...)

"Le jour où M. Vaclav Havel est devenu notre Monsieur le Président de la République, le jour où l'enthousiasme a débordé, les torrents de larmes ont même gonflé le débit de la Vltava, [...] le jour où la folle émotion gestuelle des étudiants a voulu que devienne président un homme aussi jeune que les autres, une homme qui soit la mesure non seulement de notre vie politique mais la mesure du monde, [...]. Et M. Vaclav Havel a tenu un discours aux étudiants dans lequel il a dit entre autres que non seulement l'art mais aussi la politique sont capables de susciterl'espace de l'impossible."

Parmi les réactions et témoignages qui ont suivi la disparition de Vaclav Havel, j'ai entendu plusieurs "grands témoins" qui l'avaient rencontré dire que c'était un homme simple et ordinaire. C'est ce que semble confirmer Hrabal qui conclut comme à l'accoutumée son passage lyrique par ue pirouette:

"Ensuite,le même soir[...] des jeunes femmes disaient avec indignation: ce pantalon qu'il s'est fait faire [...] ils l'ont drôlement loupé, il était bien trop court... Et le président Vaclav Havel, lorsqu'il s'est vu au journal télévisé en train de passer la garde en revue, a eu ce commentaire: Ben, ce pantalon, c'était pas la gloire..." 

L'enthousiasme est retombé depuis et la Vltava a retrouvé son débit normal...Si vous voulez revivre ces moments historiques en pensant à Vaclav Havel, Vous pouvez lire "Lettres à Doubenka" (disponible en français en poche, collection Points) et pourquoi pas voir ou revoir Kolja (pas facile à trouver en France!), pour Zdenek Sverak et pour la révolution de velours qui commence à la fin du film...

Je n'ai pas trouvé de citation de ou sur l'autre disparu du jour... désolée pour ses fans....