Comme nous l'a très bien montré Gaëlle, en me faisant l'honneur de me citer, on peut aussi, sur son blog, partager ses petites - ou grandes - frustrations et ses sujets d'agacement.

Depuis une dizaine de jours, ce qui m'agace, ce sont les annonces de "grille d'été" à la radio. Parce qu'il faut que je vous dise, moi, j'aime bien la radio, et la radio publique en particulier. Je me "mets en route" avec tous les matins, elle me permet de respecter l'horaire entre le moment où je parviens à m'extirper du lit et celui où j'arrive au travail. Je sais que si telle chronique est passée quand je sors de la douche, c'est que je suis en retard, que si j'ai commencé mon petit-déjeuner avant le flash de 7h30, c'est un exploit. Service public français du réveil au départ, service public belge sur le chemin du bureau (si j'entends la revue de presse européenne sur la Première, c'est que je suis en retard). Le soir, quand je prépare le repas, j'écoute la radio, source d'information, de distraction et d'édification parfaitement compatible avec l'exécution des tâches ménagères.

Et voilà que depuis une dizaine de jours, les émissions hebdomadaires se terminent toutes sur ce genre d'échange, sur un ton faussement enjoué "Mais dites-moi, Machin, c'est votre dernière émission avant les vacances, alors?" Et Machin de renchérir: "Oui, on va profiter de ces vacances pour faire le plein d'idées et on se retrouve en septembre... avec de petites surprises!!!" Et l'autre animateur, d'un air entendu "Oui, pour le plus grand plaisir de nos auditeurs... en attendant, profitez bien de vos vacances!". Par pitié, épargnez-nous cette gaieté factice et cette hypocrisie!   

Les émissions d'été, je trouve que c'est une source de frustration terrible. La grille d'été radiophonique est à la grille de l'année ce que la nouvelle est au roman. L'exercice est difficile: si l'émission n'est pas bonne, il n'y a plus qu'à éteindre la radio. Avec un sentiment de culpabilité vis-à-vis de l'animateur d'ailleurs, qui fait ce qu'il peut pour "installer" son émission dans un laps de temps bien court pour établir une relation avec l'auditeur. Bien sûr, on ne lui en veut pas, mais on va bien vite l'oublier en septembre. Si l'émission est bonne, c'est encore pire: tout le plaisir de l'auditeur est gâché parce qu'il sait déjà que ça ne durera que deux mois, c'est "Chronique d'une mort annoncée".

Alors, déjà qu'on a supprimé de la "grille de rentrée" un certain nombre d'émissions de qualité, dont une qui n'a semble-t-il que le tort de comporter l'adjectif "critique" dans son titre, qu'on ne me demande pas en plus de me réjouir de la grille d'été! Je me demande où les responsables de l'audiovisuel public ont été pêcher l'idée que les auditeurs s'évaporent purement et simplement entre le 20 juin et le 1er septembre? Apparemment, je dois être toute seule à ne pas avoir dix semaines de vacances...

Je me demande si je ne vais pas faire une grille d'été pour ce blog, moi, vous partez bien toutes en vacances jusqu'au 3 septembre inclus, non?