29 février 2008
Deux cartes
Vous l'avez sans doute déjà vue chez Carol, mais je ne résiste pas au plaisir de vous la montrer à nouveau, eh oui, c'était moi l'heureuse destinataire! La surprise était totale, car la carte était accompagnée de mes fameux transparents MME et de quelques feuilles de ce fameux "Journal Book" de Making memories sur lequel je louche depuis un certain temps, et pourtant Carol s'était bien gardé de me dire qu'elle allait m'envoyer ça...
... juste comme ça, comme elle dit! Merci encore, Carol.
Restons au rayon des remerciements, la deuxième carte est de moi, je sais maintenant qu'elle a atteint sa destinataire, alors je peux vous la montrer:
Encore un généreux envoi de transparents, désormais je suis pourvue! Merci Christelle...
28 février 2008
Nagasaki
L'île de Kyushu est souvent laissée à l'écart des circuits que proposent les agences de voyage spécialistes du Japon. Il faut vraiment choisir le circuit le plus long, donc le plus complet mais aussi le plus cher pour passer par Kyushu si on visite le Japon avec un voyagiste. Il est vrai que le Japon s'étend sur 3000 kilomètres du Nord au Sud et qu'à moins d'avoir six mois devant soi, il faut bien faire un choix. Et pourtant... sur le plan des richesses naturelles, Kyushu, à la fois volcanique, montagneuse et maritime, n'a rien à envier aux autres régions du Japon, au contraire. Si elle compte moins de sites sacrés et de temples que Honshu, son passé vaut la peine qu'on s'y intéresse car il permet de mieux connaître une période passionnante de l'histoire du Japon.
Et puis, à Kyushu, il y a Nagasaki. Nagasaki est une ville différente, déjà par sa topographie. Entièrement bosselée, construite sur plusieurs collines qui semblent toutes se terminer dans la mer, la ville est une sorte de bout du monde rempli de rues escarpées, et de surcroît riche d'un passé tumultueux et fascinant.
En Occident, on associe surtout Nagasaki à Hiroshima, les deux villes ayant, à trois jours d'intervalle, subi le même sort dramatique en août 1945. Seuls les spécialistes de l'histoire du Japon savent qu'en fait, Nagasaki occupait déjà une place à part dans l'histoire du Japon bien avant le bombardement. Depuis le XVIe siècle, en effet, Nagasaki était un peu la fenêtre du Japon sur le reste du monde. L'île de Kyushu, à la pointe occidentale du Japon, avait déjà vu débarquer les premiers Portugais en 1542, et François-Xavier, déjà jésuite mais pas encore saint, avait fondé une mission à Kagoshima en 1549. A partir de 1571, le port de Nagasaki avait commencé à commercer activement avec les Occidentaux, Portugais et Hollandais pour la plupart. Les échanges avec la Chine étaient également nombreux. Les missionnaires chrétiens se dépensaient sans compter et, à la fin du XVIe siècle, la région comptait environ 150 000 chrétiens. De nombreux seigneurs s'étaient convertis au christianisme car cela ouvrait des possibilités en matière de commerce et d'échanges avec les étrangers. A Nagasaki vivait également une importante communauté chinoise.
Malheureusement, tout cela n'était pas tellement du goût du shogun Toyotomi Hideyoshi, homme préoccupé de la grandeur du Japon mais singulièrement dépourvu d'ouverture d'esprit. Il commença par interdire le christianisme qui, selon lui, risquait d'affaiblir l'Etat en le mettant à la merci des pouvoirs étrangers et ordonna aux missionnaires de quitter le pays. L'ordre ne fut pas vraiment respecté et, à titre d'avertissement, en 1597, Hideyoshi fit arrêter et crucifier vingt-six chrétiens à Nagasaki. Tokugawa Ieyasu, qui lui succèda en 1603, ne fit pas preuve de plus de bienveillance à l'égard des étrangers, bien au contraire. Les persécutions contre les chrétiens s'intensifièrent, et les missionnaires furent définitivement expulsés en 1614. En 1635, le port de Nagasaki fut fermé aux navires étrangers. Les commerçants hollandais et chinois qui souhaitaient maintenir des contacts avec le Japon furent cantonnés sur la petite île de Dejima (aujourd'hui reliée à la terre ferme) et les Japonais qui désiraient avoir des contacts avec eux devaient obtenir une autorisation spéciale pour le faire. Commença alors pour le Japon une période d'isolement qui dura plus de 200 ans.
Pendant cette période, Nagasaki continue cependant à attirer les érudits et savants japonais qui souhaitent avoir des contacts avec les Hollandais de Dejima, grâce auxquels les découvertes scientifiques des XVIIe et XVIIIe siècles pénètreront au Japon. En 1853, quand Perry force le blocus du port d'Uraga avec ses "bateaux noirs", le shogunat n'a plus que quelques années à vivre. Dès 1859, Nagasaki devient un port franc. Les Occidentaux, négociants britanniques, commerçants hollandais ou missionnaires français (pour la plupart installés à Shanghaï) recommencent à affluer.
Dès 1865, l'église catholique d'Oura est construite à l'initiative d'un père français, pour commémorer le martyre des vingt-six crucifiés de Nagasaki.
Parmi les étrangers qui viennent s'installer à Nagasaki, certains joueront un rôle prépondérant dans le changement politique qui aboutira à la restauration Meiji et à la modernisation du pays. C'est le cas de Thomas Glover, entreprenant Ecossais arrivé de Shangai en 1859, qui prêtera main-forte à ceux qui ont précipité la fin du shogunat. Sa maison, sur les hauteurs de Nagasaki, se trouve maintenant dans le "Glover Park".
D'autres résidences comme celle de Robert Walker, qui a fondé la première brasserie du Japon ou celle du négociant en thé William Alt ont également été transportées dans ce parc, d'où on domine la baie de Nagasaki. Les Japonais aiment venir s'y promener car ils trouvent ça extraordinairement romantique. Rien d'étonnant, compte tenu de l'époque et des personnages, que l'action de "Madame Butterfly", à l'origine un roman, se passe à Nagasaki. Pour nous, c'est évidemment moins exotique mais les maisons sont magnifiques et le parc très agréable. De l'endroit émane en fait un charme assez irrésistible, même pour des Européens, quoique nous, nous ne nous arrêtons pas à la boutique pour acheter des shortbreads Walker...
On peut voir d'autres maisons "occidentales" sur Hollander Slope, encore une rue en pente.
Les différentes maisons qui composent cet ensemble bleu pastel abritent aujourd'hui un musée de photographies anciennes.
Juste en contrebas, on peut apercevoir le toit du temple chinois Koshi-byo, dédié à Confucius.
La communauté chinoise a toujours eu beaucoup d'importance à Nagasaki, et la municipalité lui rend désormais hommage en organisant tous les ans un festival des lanternes qui coïncide avec le Nouvel An chinois, dont vous avez vu quelques photos hier...
C'est en fait tout un ensemble de choses qui concourt à rendre Nagasaki si attirante: sa situation, son passé, sa manière d'entremêler les cultures, son caractère finalement toujours un peu rebelle dans l'histoire... Beaucoup de Japonais me disent que c'est une ville agréable à vivre, ouverte, qui fait beaucoup pour les familles avec enfants, pour faciliter la vie des personnes âgées. Si vous avez l'occasion de faire un voyage au Japon et de choisir votre itinéraire, n'hésitez pas, faites-y figurer Nagasaki.
27 février 2008
Pattes de poule et autres....
Tout d'abord, merci pour vos gentils commentaires d'hier. Je voudrais remercier tout particulièrement les personnes qui me lisent régulièrement et ne laissent jamais de commentaire mais l'ont fait hier. D'ailleurs, hier, vous avez atteint un record en nombres de pages vues, pratiquement deux fois plus que d'habitude! Déjà des lecteurs qui relisent tout depuis le début?
En attendant, voici enfin l'album aux couleurs vives et aux pattes de poule qui vous a intriguées la semaine dernière. Il contient des photos prises à Nagasaki lors de notre week-end prolongé à Kyushu du 9 au 11 février.
Avant tout, une mise en garde. Méfiez-vous de Tricia Norris, sur TV Craft Weekly. Cette femme est dangereuse. A sa table de travail, impeccablement manucurée, elle manipule papiers et cartons, coupe, colle, assemble, le tout en douze minutes chrono, et elle parvient à vous convaincre que vous allez pouvoir en faire autant. Piece of cake, comme elle dit. A d'autres! remarquez, j'aurais dû me méfier. Une fille qui travaille sur une table complètement dégagée, d'où les outils disparaissent comme par enchantement dès qu'ils ne sont plus utilisés, c'est louche. Mais je n'ai pas voulu écouter la voix de la raison, et j'ai cru que j'allais pouvoir réaliser des pages reliées comme dans son "Graduation book". Certes, je n'avais ni le kit "Clubscrap" ni le "retractable hole piercer" indispensables à la réalisation des pages en question, et j'ai été excessivement présomptueuse en pensant que j'allais pouvoir m'en sortir sans. Me voilà bien punie. Je pensais pouvoir fabriquer ces pages à onglets en me servant d'un paquet d'intercalaires comme gabarit, et qu'ensuite la reliure irait toute seule...
J'ai bien réussi à faire mes onglets, mais comme je n'ai pas fait attention au nombre de trous et aux intervalles, la reliure s'est révélée très problématique... Eh oui, si on ne fait pas un nombre de trous pair, le fil ne ressort pas au bon endroit et c'est la catastrophe. C'est ce qui m'est arrivé. Donc, ma reliure intérieure est très moche (Let me show you how beautiful this is going to look, qu'elle disait, Tricia!), j'ai essayé d'arranger ça en camouflant tout dans la couverture, mais ça n'a rien arrangé. La prochaine fois, je ne me laisserai pas avoir par Tricia Norris (et je réfléchirai un peu plus avant de commencer, surtout)!
Le sujet de cet album, maintenant. Si je vous ai dit que le Nouvel An chinois n'était pas fêté au Japon, mea culpa. En fait, des festivités sont organisées dans les quartiers chinois de villes comme Nagasaki, Yokohama ou Kobe, des ports qui ont une tradition d'échanges avec la Chine. A Nagasaki, en particulier, la communauté chinoise a toujours eu beaucoup d'importance, et la municipalité lui rend désormais hommage en organisant tous les ans un festival des lanternes qui coïncide avec le Nouvel An chinois. A cette occasion, la ville est décorée de près de 15 000 lanternes. Le long des berges de la rivière qui arrose Nagasaki, des scènes mettent à l'honneur le rat, animal de l'année, mais aussi les autres animaux du zodiaque chinois, et des lanternes rouges et jaunes sont suspendues au-dessus du cours d'eau, d'une rive à l'autre...
Nous nous sommes pris en photo à tour de rôle avec notre animal, et j'ai regroupé les photos dans un album avec des textes sur les traits de caractère attribués aux différents signes. A cette occasion, je me suis bien amusée, car je ne crois absolument pas aux horoscopes. Ma fille était très perplexe, étant donné que nous ne parlons jamais de ça à la maison, elle se demandait quel crédit il fallait accorder à tous ces sites web qui prétendent que le tigre est autoritaire, le boeuf indécis et le dragon chanceux... J'en ai donc profité pour lui montrer que, selon les sources, les informations n'étaient pas toujours identiques, et que, si on retrouvait certains traits de caractère pour un même signe, d'autres en revanche étaient en totale contradiction! Pour chaque signe concernant un membre de la famille, j'ai gardé une douzaine de traits de caractère neutres ou positifs, et j'ai fini sur un petit bémol... personne n'est parfait!
Alors, les couleurs... Ben oui, si les Japonais font plutôt dans le sobre et le stylisé, les Chinois, il faut bien le reconnaître, ne détestent pas le clinquant. Si votre restaurant "japonais" favori est décoré de lanternes rouge et or, de dragons et de pagodes dorées, il y a de fortes chances pour qu'il s'agisse d'un chinois fraîchement reconverti... Tous mes restes de Canson jaune et orange y sont passés...
Les sujets ne sont pas en carton mais en textile tendu sur une armature en fil de fer, ce qui leur donne un aspect soyeux.
La benjamine est à l'honneur avec le rat, qui est aussi le premier de la série des animaux du zodiaque chinois, je vous avais expliqué pourquoi ici. Papiers Imaginisce et tampon rat acheté cette année. Zoomez sur le texte mais pas sur la reliure, merci.
Pour le coq, papiers Scenic Route et Magic Mesh plus masculins, tampon coq d'il y a trois ans (les voilà, les grosses pattes de poule).
Pour le serpent, ça a été plus difficile, car la dernière année du serpent, c'était en 2001 et nous n'étions pas encore au Japon. Les Japonais arrivent à rendre "cute" n'importe quel animal quand c'est son année et ils fabriquent pour les cartes de Nouvel An une variété incroyable de tampons à l'effigie de la créature concernée. Après le Nouvel An, cependant, tous ces tampons disparaissent complètement, et pour un animal aussi antipathique que le serpent, en dehors de l'année en question, impossible de trouver un tampon ou un autocollant (cute ou pas, d'ailleurs) qui le représente! Il a donc fallu que je me rabatte sur la spirale Quickutz...
Pour le lapin, c'est plus facile, car comme il est toujours "cute", on le trouve en autocollants même hors saison. J'ai donc offert à mon lapin préféré un petit lapin vert et un autre tout rose.
Pour finir, une vue du fameux pont dit "aux lunettes" tout décoré de lanternes...
Un petit coup d'oeil d'ensemble sur l'album...et demain je vous reparlerai de Nagasaki en images, mais sans album.
26 février 2008
Un an et..
Il y a un an, le 26 février 2007, j'inaugurais mon blog avec cette annonce retentissante:
"Finalement, je me lance, c'est décidé, je crée mon blog!"
Eh oui, c'était tout ce que contenait mon premier billet, il est vrai plutôt posté pour tester le bon fonctionnement de la procédure, et pour me faire la main. Je ne maîtrisais pas la fonction "modifier la date" à l'époque puisque les trois billets suivants sont datés du 1er mars. Mon intention à l'époque était pourtant déjà d'en mettre un en ligne par jour, et non trois à la même date.
Depuis lors, les choses se sont un peu améliorées et je n'ai jamais plus écrit un billet d'une seule ligne!
Au début, je n'avais aucune idée de la façon dont la situation allait évoluer, de ce qui intéresserait mes lecteurs, de ce qui leur plairait. Mon blog est un blog hybride, ce n'est pas uniquement un blog de scrap, ce n'est pas non plus un blog consacré au Japon. J'ai fait pas mal d'expériences et fini par aborder des sujets assez divers. Au début, je n'imaginais pas que décrire des activités quotidiennes comme le simple fait d'aller à la boulangerie passionnerait mes lecteurs... En tout cas, cet exercice quotidien m'a permis de ne pas perdre l'habitude d'écrire, et aussi aidée à me rendre compte que j'aimais ça... J'étais loin de me douter que, grâce à mon blog, j'allais faire une foule de rencontres virtuelles, entamer des correspondances, nouer des amitiés, recevoir des cartes, des cadeaux... Un bilan donc tout à fait positif, et une décision que je ne regrette absolument pas.
Cependant, après un an, la boucle est-elle bouclée?
En partie, oui, car à la fin mars nous quittons définitivement le Japon. Les contrats d'expatriation ont une durée limitée, le nôtre était censé se terminer... il y a 8 mois. Il a été prolongé, la fin du contrat et surtout sa suite ont été entourées de beaucoup d'incertitudes qui ont pesé (et continuent à peser) lourdement sur nos vies depuis près d'un an, mais maintenant c'est décidé. Il aurait pu y avoir un départ vers d'autres horizons, ce sera finalement un retour à Bruxelles. Pour nous, c'est une (longue) parenthèse qui se referme, trois ans et demi à vivre autre chose, autrement. Cette période aura sans aucun doute changé nos vies, et même si nous allons bientôt retrouver notre ancienne existence, rien ne sera plus jamais vraiment comme avant ce séjour au Japon. Ces trois ans et demi nous auront appris beaucoup sur un autre pays, une autre manière de vivre et de penser, sur d'autres personnes (pas seulement sur les Japonais) et aussi, principalement, sur nous-mêmes.
Est-ce que je dois rebaptiser mon blog? Dans l'immédiat, peut-être pas... Compte tenu du nombre de photos du Japon que j'ai et de la vitesse à laquelle je scrappe, j'ai au moins un an de pages de scrap sur le Japon en réserve. Et comme à Bruxelles, je vais reprendre le travail, ça n'ira pas vite! D'un autre côté, je ne passerai pas beaucoup de temps à vous conter l'exotisme de la capitale belge, qui en est quand même singulièrement dépourvue, à moins que je ne vous fasse assister en direct au dénouement, que l'on espère pacifique, de la crise institutionnelle que traverse le Royaume.
Jusqu'à la fin mars, c'est promis, je vais garder le même rythme d'un billet par jour sauf le dimanche. Après...on verra, mais d'ici là, il y a encore beaucoup de choses à venir. Pour ceux qui venaient de découvrir ce blog, ce n'est pas un problème, vous pouvez reprendre la lecture des articles depuis le début, de toute façon, je n'allais pas recommencer à vous raconter Hina matsuri tous les 3 mars ou Kodomo no hi tous les 5 mai!
Merci à vous qui faites vivre ce blog depuis un an, et grâce à qui il continuera peut-être d'exister, de l'Extrême-Orient à l'Outre-Quiévrain, combien de pas?
25 février 2008
Les photos qui manquaient ...
... à notre collection. Je bouleverse un peu mon programme car nous avons pris hier les photos qui manquaient à notre collection de photos sur Kyoto, celles que nous pensions ne jamais pouvoir prendre avant de quitter le Japon...
Le week-end dernier, la météo annonçait de fortes probabilités de chutes de neige et nous avons passé le samedi rivés à la webcam braquée sur le Kinkaku-ji (Pavillon d'or) à attendre qu'il neige. Or, il n'a pas neigé (70% de probabilités, pourtant!). Les prévisions pour ce week-end étaient carrément suspectes: samedi nuageux, puis neige, température de 11°. Nous étions sceptiques. Dimanche, 50 % de probabilités de neige.
Levé très tôt ce dimanche matin pour suivre le match France-Angleterre en direct, mon mari m'annonce à 7 heures qu'il neige à Kyoto... Il y a trois ans que je répète que dès qu'il neige un week-end sur Kyoto, je prends le premier train pour y aller, mais ce matin, c'est un peu dur, en plus j'ai un rhume. Je me rendors, et puis un moment après je me réveille, je me dis que je ne peux pas manquer ça car l'occasion ne se représentera plus. Je finis par me lever, et nous voilà partis.
A Nagoya, il a à peine neigé. La fine pellicule blanche déposée sur les toits par les averses de la nuit fond à vue d'oeil. Depuis le Shinkansen, on commence à revoir la neige environ un quart d'heure après Nagoya. Au passage de la fameuse "barrière" de Sekigahara, c'est le blizzard, on n'y voit plus rien. Cet endroit est connu pour ses hivers rigoureux. Mais à l'arrivée à Kyoto, il n'y a presque plus de neige. Dans le taxi qui nous conduit au Ginkaku-ji (pavillon d'argent), nous sommes un peu inquiets, en ville, il n'y a presque rien et le soleil commence à pointer. En approchant des collines d'Higashiyama, pourtant, nous nous rendons compte que dans les jardins, à l'écart des routes et des grands carrefours, tout est encore enneigé. Nous montons à toute vitesse la rue qui conduit au Ginkaku-ji, dont voici l'entrée...
Ouf, il y en a encore! La neige met en valeur la silhouette des arbres taillés...
Dans le jardin zen, célèbre pour son cône de sable qui représente le Fuji, l'illusion est presque parfaite...
Une petite déception toutefois, le pavillon lui-même est en restauration et caché par des échafaudages. Heureusement, d'autres bâtiments secondaires composent une belle scène hivernale...
Une éclaircie un peu trop vive nous inquiète. Il ne faudrait pas que ça se mette à fondre! Nous nous précipitons au Kinkaku-ji (Pavillon d'or). A peine sommes-nous dans l'enceinte qu'il recommence à neiger.
Une neige qui commence à tomber très fort, mais cela ne décourage pas les visiteurs:
Encore quelques photos de détails
Quand on arrive à occuper un emplacement stratégique pas trop envahi par la foule:
Car les Japonais sont prêts à tout affronter pour prendre des photos....
Et nous décidons de terminer la journée par le calme et la sérénité des jardins zen du Daitoku-ji:
Où, comme d'habitude, il n'y a quasiment personne et où l'on peut méditer tranquillement, à condition de ne pas être trop frileux...
23 février 2008
Merci
Finalement, j'ai pris le temps de créer l'album mangrove, et ça n'a même pas été trop long... Il est désormais dans la colonne de gauche, avec les albums photos.
Aujourd'hui, un message très bref, juste pour vous montrer une petite carte printanière qui, je l'espère, a atteint sa destinataire...
Ici, en effet, même si l'hiver n'est pas fini, ça commence déjà à sentir le printemps...
22 février 2008
Contente
Au moins deux sujets de satisfaction aujourd'hui...
Tout d'abord, je voudrais souhaiter un joyeux anniversaire à Véro, dont je vous parle souvent et dont j'aime tant le style de scrap à la fois épuré, raffiné et original. Elle est aussi à l'aise avec les photos de nature et de voyage qu'avec les portraits et elle est passé maître(sse?) dans l'art des pages de scrap "au masculin". En outre, elle excelle aussi derrière le viseur de l'appareil, car elle nous émerveille sur son blog avec de magnifiques photos de montagne.
Je lui ai fait une petite carte (elle aussi, j'ai eu comme l'impression qu'elle n'allait aimer ni Winnie l'ourson, ni Kitty chan), et je vous la montre puisqu'elle l'a déjà reçue. Ce sont des papiers Making Memories en blocs de 6 X 6 (pouces!) qu'on trouve plutôt facilement ici. Tampon Autumn Leaves et étiquette d'Anne-Cath.
Deuxième sujet de satisfaction: j'ai reçu un message d'un dumiste! Oui, ce monsieur a lu mon billet et en parle sur son site consacré aux musiciens intervenants! Je vous invite à aller voir son site extrêmement complet et très bien documenté, qui contient beaucoup d'informations intéressantes, aussi bien pour les professionnels de l'enseignement musical que pour les parents de jeunes enfants souhaitant les éveiller à la musique. D'avance, bienvenue à tous les dumistes qui passeraient sur mon blog... ils seront peut-être déçus, mes élucubrations n'ayant généralement rien à voir avec la musique...
21 février 2008
Petit coup d'oeil
Merci pour vos gentils petits mots sur mon album "Mangrove". Pour l'intérieur, il faudra revenir en arrière car j'ai déjà tout montré entre le 9 janvier et le 2 février! Ca a commencé ici, ensuite ici, ça continue là et là. J'ai aussi montré les hôtes de la mangrove ici et ici. Les dernières pages sont parues le 1er et le 2 février. Quand j'aurai le courage, je mettrai tout en album photo dans la colonne idoine, mais c'est tellement rasoir avec Canalblog...
J'ai commencé un petit album, que je réalise entièrement, donc celui-là ne risque pas de rester inachevé puisqu'il ne s'agit pas de remplir des pages blanches, en plus il est tout petit.
En voici un tout petit aperçu qui ne vous dira rien (c'est fait exprès) sauf à Jacqueline qui a vu les photos et n'a pas le droit de dire ce que c'est.
La seule chose que vous en aurez sans doute conclu, c'est que pour les amateurs de couleurs pastels, il faudra revenir une autre fois!
20 février 2008
Enfin
Ca y est, j'ai réussi à terminer mon album "Mangrove". Depuis que j'avais annoncé que j'allais bientôt le finir, je n'y avais pas touché, et il glissait doucement vers le fond de la pile et un oubli certain...J'avais commencé autre chose entre-temps mais hier, j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes et d'en finir avec la mangrove.
Il ne restait "pas grand chose" à faire, mais le genre de choses qui prend trois ou quatre heures... Tous les textes étaient imprimés, mais je devais encore les monter sur des papiers assortis aux pages des photos, et surtout je devais faire ma page de garde. Cette dernière m'a finalement pris moins de temps que je ne le pensais.
Uni Canson, chute BG Scarlet letter, alphabet BG, toile de jute. Foam stamps japonais que je viens d'acheter et qui m'ont bien dépannée ici!
Voici la couverture de l'album, acheté en Indonésie.
Il s'agit d'un de ces albums que l'on trouve dans tous les pays du Sud-Est asiatique, et même en France dans une de ces chaînes pseudo-orientalistes dont je ne citerai pas le nom... Ce qui est à peu près certain, c'est qu'ils sont faits sur place, je ne sais pas si tous les matériaux utilisés sont vraiment locaux.
L'album terminé, avec tout ce qu'il y a sur les pages, est tout de même assez épais. En fait, une fois fermé, il est loin d'être plat!
Maintenant, je vais pouvoir ranger tous ces papiers, qui traînent encore sur une de mes planches de découpe, et passer à autre chose!
19 février 2008
Recherche dumiste, désespérement
Hier, je me suis cultivée. Je vous préviens tout de suite, si vous vous attendez au récit d'une visite passionnante dans un musée consacré à la période Momoyama, vous allez être déçus (ou soulagés, c'est selon). Au fait, la période Momoyama a réellement existé au Japon (1573 - 1603). Je ne sais pas si un musée lui a été consacré, mais j'aime bien ce nom.
Non, hier, je lisais "Le Monde" sur l'internet. Soudain, dans la colonne de droite, là où se trouvent les liens vers les sites des cabinets de recrutement, je vois dans une liste d'offres d'emploi le mot "Dumiste". Le terminologue en herbe qui sommeille dans tout traducteur s'éveille instantanément, car je n'ai aucune idée de ce que peut être un ou une dumiste, qui peut être h/f, précise l'intitulé de l'annonce, montrant par là que le (ou la, parce que là aussi, je ne sais pas ce que c'est) CA du pays de Montbéliard n'est pas sexiste (la loi le lui défend, de toute façon). Décidément, il y a trop longtemps que j'ai quitté la France.
Dumiste, là, à brûle-pourpoint, ça me fait penser à une seule chose, cette collection d'ouvrages pratiques sur l'informatique qui a été traduite en français par "(logiciel x) pour les nuls" et dont le titre orginal en anglais est "(XXX) for dummies". Pas très flatteur, donc, et ça ne doit pas être ça. J'envisage ensuite un(e) spécialiste d'une étape particulière d'un processus technique industriel complexe, mais comme ces annonces sont en principe classées par thème et que je me trouve dans la rubrique culture du journal, je doute que ce soit ça. Je subodore plutôt quelque substantif dérivé d'un acronyme, mais lequel?
Je clique donc sur l'annonce, mais ça ne donne pas grand-chose, car si j'atterris bien sur un site web regorgeant d'"espaces ceci" et d'"espaces cela" et garantissant pourtant un "référencement optimal" des offres d'emploi, je ne retrouve même pas l'intitulé de l'annonce, j'ai dû me tromper d'espace quelque part. Je me tourne donc vers l'internet et je donne "dumiste" en pâture à Google. (Vous savez qu'en anglais, to google est devenu un verbe, "just google it", qu'on dit). Pas de problème, il connaît, et il connaît même très bien, car il me fournit obligeamment un tas de documents en français dans lesquels apparaît le mot "dumiste"".
En français, car le dumiste, c'est une invention purement hexagonale, jugez plutôt! Grâce à un passionnant document du Centre de formation des musiciens intervenants de l'université de Poitiers, je comprends assez vite que ça a un rapport avec l'enseignement de la musique, et aussi que le dumiste n'est absolument pas un professeur de musique, mais un "musicien intervenant", ou plus exactement "une personne-ressource dans la cité", qui "fait vivre des situations visant au développement de l'éducation artistique de l'enfant en temps scolaire et hors temps scolaire. Il intervient à long terme dans l'accompagnement d'un projet éducatif et se soucie de la cohérence des parcours artistiques musicaux des enfants". Les activités qu'il/elle organise doivent permettre aux enfants de "vivre des démarches artistiques collectives innovantes", "d'acquérir des savoirs et des savoir-faire fondamentaux, de développer une attitude d'écoute et se construire un jugement esthétique personnel". Il ou elle doit aussi aider les enseignants à devenir les "garants de la cohérence et de la transversalité des apprentissages".
Dans le même document se trouve un "référentiel de compétences" qui énumère toutes les qualifications, aptitudes et qualités qu'un dumiste digne de ce nom se doit de posséder, et elles sont nombreuses. J'apprends également que le dumiste exerce principalement son activité dans les écoles maternelles ou élémentaires, mais "en s'intégrant à des dispositifs institutionnels partenariaux", ce qui, vous en conviendrez, change tout. Je crois que ça veut dire qu'il/elle peut aussi être amené à travailler "en zone rural" (sans e) ou "dans des centres socioculturel" (sans s).
Tout cela ne me dit pas d'où on a sorti ce mot "dumiste". Je consulte ensuite une étude sur les situations d'emploi des musiciens intervenants diplômés des CFMI, et il me paraît désormais assez clair que le mot "dumiste" a été forgé sur DUMI, le MI signifiant musicien intervenant, mais d'où diable sort ce "DU"? En gros, cette étude dit que c'est drôlement difficile de comprendre ce que fait un dumiste, qu'elle qualifie de "musicien d’un troisième type d’abord et surtout itinérant avant d’être intermittent ou permanent". J'avoue que, de mon côté, je commence à m'y perdre un peu entre ces "intervenant" et ces "itinérant", et si en plus il est du troisième type, ce musicien... Lyrique, l'étude nous décrit aussi les dumistes comme des "colporteurs de musiques à la croisée de bien des chemins", mais enfin, comme elle a dû être rédigée pour l'administration, elle se reprend bien vite et nous précise que (je coupe, parce que la phrase fait dix lignes) "la diversité et la transversalité de ses savoir-faire musicaux, la multiplicité des compétences mobilisées (...), la diversification de ses activités et de ses lieux d’intervention (...), la multiplicité de ses partenaires (...) pour un même projet viennent singulièrement complexifier les concepts de spécialisation/ diversification musicale et professionnelle et, plus largement, l’élaboration d’une vision claire et pertinente d’un métier pluriel ..." Bref, comme le malheureux dumiste doit savoir faire des tas de choses, travailler dans un tas d'endroits et pour des tas de gens différents, eh bien ça "complexifie singulièrement" les choses. Le texte nous rappelle que le "dumiste" est une "personne-ressource", et insiste d'ailleurs sur la nécessité de "favoriser la lisibilité de la dimension de la personne-ressource" (je n'invente rien, c'est là, allez voir et estimez vous heureux de ne pas être à la place de nos collègues anglophones quand ce genre de texte atterrit sur leur bureau!).
Je tombe enfin sur un document scandaleusement simple de l’addm 22, association départementale pour le développement de la musique et de la danse en Côtes d'Armor, qui explique dès le début qu'un "dumiste" est le titulaire d'un Diplôme universitaire de musicien intervenant (c'est le fameux DUMI!), que ce n'est pas un salarié de l'Education nationale car il n'intervient pas qu'en milieu scolaire, mais aussi dans des écoles de musique, des crèches, des foyers de personnes handicapées, etc. Comme le dumiste est au service des collectivités territoriales, l'addm22 aime bien dire que c'est un "acteur culturel du territoire". Bon, je commence à voir de quoi il retourne. Un dumiste, c'est un malheureux qui a fait des études de musique et qui s'est tapé le Conservatoire pendant 10 ans, à qui, avec beaucoup de chance (ça représente apparemment 50% des diplômés), le Conseil général ou une communauté d'agglomérations (c'est la fameuse CA du début!) va offrir un mirobolant "équivalent plein temps" de 20 heures hebdomadaires probablement distribuées entre établissements scolaires et écoles de musique, atomisées dans tous les coins du département, avec déplacements et contraintes horaires à la clé. Et j'imagine, que, lors de leurs interventions, déterminer ce qui est du ressort de l'établissement et ce qui relève de la collectivité locale, notamment quand il s'agit de financer quelque chose, ne doit pas être de tout repos non plus. Les 50% des dumistes restants devront, selon l'étude sur les "situations d'emploi" citée plus haut, se contenter de contrats portant sur des "durées inférieures à 10 heures hebdomadaires", peut-être parce que leur dimension de personne-ressource n'est pas suffisamment lisible?
Je voudrais dire toute mon admiration aux dumistes, dont j'ignorais l'existence jusqu'à hier. Ils font un bien beau métier, qu'ils ont l'air d'exercer dans des conditions pas particulièrement favorables. Les quelques témoignages de dumistes que j'ai lus sur l'internet montrent qu'ils s'acquittent de leur tâche avec passion, conviction et sincérité. Certes, ils emploient des mots comme "envie", "plaisir", "jeu" et "découverte" mais ce n'est pas très grave car la "capacité de rédiger des circulaires administratives" ne figure pas dans leur "référentiel de compétences"!










































