30 novembre 2007
Merci patron
Depuis quelques semaines, dans les espaces consacrés à "l'animation saisonnière" des supermarchés et des grands magasins, ont été installés de grands présentoirs chargés de beaux coffrets exposés ouverts afin que les clients puissent faire leur choix. Ces rayons occupent pas mal de place, et sur le côté se trouve un petit comptoir où les employés attendent au garde-à-vous, devant une pile de fiches et de formulaires. Les clients pressés peuvent aussi emporter le catalogue, comme je l'ai fait.
Il s'agit du rayon d'"oseibo", qui signifie cadeaux de fin d'année, mais cela n'a rien à voir avec nos cadeaux de Noël. Il y a deux périodes de l'année au Japon où on offre ce type de cadeaux, à la fin de l'année (c'est la signification du terme "oseibo", ainsi qu'en milieu d'année, vers la fin juin. Autrefois, ces cadeaux étaient offerts aux parents, pour les remercier de leurs soins, et aux supérieurs, pour leur marquer sa déférence. L'usage persiste, notamment dans la génération des gens de cinquante ans et plus, qui ne manquent pas d'envoyer un "oseibo" à leur patron. Aujourd'hui, on en envoie aussi à des amis, ou à des professeurs qui donnent des cours particuliers aux enfants, par exemple. Cependant, il semble que les jeunes générations boudent un peu cette tradition.
Dans le passé, les cadeaux envoyés pour oseibo étaient souvent de la nourriture, car le Japon était tout de même un pays rural où les paysans envoyaient le produit de leur travail au propriétaire de leurs terres. Cette coutume a également perduré, car les coffrets d'oseibo sont majoritairement remplis de nourriture.
Non, M. Sakamoto ne vous a pas envoyé un vulgaire paquet de nouilles, mais un beau coffret contenant un assortiment de soba ou de udon. L'amie japonaise qui m'a donné la plupart des informations pour cet article a été très claire: ce sont des aliments vraiment courants que l'on envoie pour oseibo, de ceux que l'on trouve dans toutes les cuisines japonaises, comme le soja et le miso, ici en coffret cadeau:
Le nori, me dit-elle, a aussi les faveurs des acheteurs, on en trouve de multiples coffrets, dans de belles boîtes métalliques par exemple.
Bien évidemment, le magasin où l'on commande ses oseibo se charge de l'emballage et de la livraison au destinataire. C'est à ça que servent les employés au garde-à-vous. Avec le progrès, et l'avènement des transports frigorifiques, on peut aussi envoyer des produits frais pour oseibo, tels que du poisson:
ou des fruits et des légumes. Tout de même, je me demande quelle tête je ferais si je recevais ce cageot de pommes de terre et d'oignons, fussent-ils issus de l'agriculture biologique, comme l'indique le catalogue...
Pour faire descendre tout ça, un petit jus de fruit? En voici quelques coffrets, mais on peut aussi envoyer du café, du thé et bien sûr, de la bière et du sake.
Articles d'usage courant, donc. Effectivement, un présentoir entier est consacré ... aux produits d'entretien:
Finalement, entre les pommes de terre et le coffret lessive et assouplissant, je ne sais pas ce que je préférerais.
Attention, toutefois. On peut se réjouir de l'aubaine en se disant qu'il va être inutile de faire les courses pendant plusieurs jours. Or, les cadeaux d'oseibo, comme tous les cadeaux au Japon, appellent un cadeau en retour! C'est-à-dire qu'on est obligé de renvoyer un cadeau aux gens qui vous ont honoré. Certaines personnes se livrent à de savantes estimations concernant les cadeaux qu'elles sont susceptibles de recevoir pour pouvoir commander à l'avance les cadeaux qu'elles feront en retour... En effet, il est préférable que les cadeaux d'oseibo soient envoyés avant le 20 décembre. D'après mon amie, c'est cette réciprocité obligatoire qui explique la réticence des jeunes générations, vis-à-vis de leur supérieur au bureau, par exemple, à leurs débuts dans l'entreprise, ils préfèrent ne pas lancer le processus, car ensuite, c'est une spirale sans fin...
29 novembre 2007
Boulders
Bien que le temps ne soit toujours pas extraordinaire, au moins il ne pleut pas et j'ai pu faire des photos de mon dernier petit album. Elles ne sont pas fabuleuses, mais il faudra faire avec. J'ai pris l'idée de ce mini-album sur le blog de Mélanie. Elle indique que le modèle de cet album se trouve sur le blog de Kristina Werner, que je ne connais pas, mais heureusement qu'elle a dans ses lectrices une providentielle Mumu, qui a fait les recherches pour nous et donne précisément le lien vers le blog en question, qui montre, en étapes et en images, comment réaliser ce mini album.
Quand j'ai vu le modèle chez Mélanie, je n'arrivais pas à croire que l'album entier puisse être réalisé avec une seule page 30x30 recto-verso. Une fois terminé, c'est vrai, il ne fait que 15 x 10,5 cm mais si on arrive à faire tirer des photos en petit (9 x 6, par exemple) on peut caser pas mal de choses.
Evidemment, au vu des explications pourtant très claires sur le blog de Kristina Werner, je ne comprenais pas du tout comment on passait d'une feuille 30 x30 à ce petit album, étant donné que j'ai beaucoup de mal à conceptualiser dans l'espace. Je vais vous avouer que j'ai d'abord essayé avec une feuille blanche, pour être sûre que ça marchait et pour ne pas gaspiller une belle feuille. Après avoir constaté que ça fonctionnait, je me suis mise en quête de photos et de papier pour cet album. Et là, j'ai ressorti mes fameux Aile ou fleur de RdG que je vois sur tous les blogs et dont je n'ai encore rien fait! Et d'ailleurs, pas plus tard qu'hier, Véro a présenté une très jolie page aussi en RdG, dans les mêmes tons. Ca me fait sourire car j'aurai bientôt autre chose à vous montrer et cela a aussi un point commun avec ce qu'a fait Véro récemment! Bref, pour aller avec mon papier Aile ou fleur, des photos prises en Nouvelle-Zélande sur la plage de Moeraki, célèbre pour ses curieux "boulders".
Dans la pochette de gauche, on peut mettre une photo 9 x13, et deux petites photos dans les deux pochettes centrales. Chaque face des pochettes centrales peut aussi accueillir des petites photos.
Texte: Sur la plage de Moeraki se trouvent de grosses pierres parfaitement sphériques, les "boulders". Selon la mythologie maorie, ce sont des paniers qui sont venus s'échouer sur la plage lors du naufrage du canoë Arai-ti-uru, qui avait traversé le Pacifique pour chercher du jade. (Les Maoris attribuaient des pouvoirs extraordinaires au jade).
La version des scientifiques est moins poétique: ces boules sont constituées de silice, de calcaire, d'aluminium et de peroxyde de fer. Elles ont en leur centre une masse cristalline qui attirerait les éléments du sol, ce qui expliquerait leur forme, qui n'est pas due à l'action des vagues.
La dernière page contient aussi une pochette, et on peut décorer la face intérieure ou y coller une photo.
Désolée pour les reflets vraiment pas terribles. La seule chose qui me chiffonne un peu avec cet album, c'est qu'il est réalisé avec des agrafes. Ca peut être un style, si on utilise des imprimés graphiques, avec les RdG, je ne trouvais pas ça très opportun... J'ai essayé de cacher le maximum d'agrafes, mais on en voit encore. Je suppose que la couture des pochettes est une option envisageable, mais je n'avais ni le temps, ni l'envie! De même, si on ne dispose que d'une agrafeuse de type "pince", il y a des endroits assez difficiles à atteindre, il vaut mieux avoir un de ces engins qui servent à agrafer sur les murs! Moi je n'en avais pas, j'ai dû un peu ruser...
28 novembre 2007
Suite du rangement
Il a dû faire trop beau ce week-end, aujourd'hui le ciel était uniformément gris et demain la météo annonce...la même chose. Ca m'ennuie car je voulais faire des photos de ma dernière réalisation. J'espère que la météo se trompe, ça leur arrive, même ici...
En attendant, j'ai le plaisir de vous annoncer que mon rangement de CD sur le Japon avance bien, les cartes se suivent (et se ressemblent), mais au moins il n'y a plus d'avalanche quand on ouvre la porte du placard.
En voici une dans les tons de la montagne à l'automne:
Et une autre pour le célèbre torii de Myajima.
J'ai trouvé une pochette de feuilles pour origami décorées des motifs les plus courants d'emblèmes japonais, elle va beaucoup me servir, je crois...
27 novembre 2007
Merci
Aujourd'hui, je suis un peu prise de court. Comme on ne peut pas se promener et rédiger ses messages en même temps, j'ai pris un peu de retard, côté scrap comme côté Japon. Il y aura très bientôt du nouveau, parce que j'ai plusieurs fers au feu, mais aujourd'hui, rien de prêt!
Alors, j'en profite pour vous remercier de vos visites et de vos messages. Merci à ceux et celles qui passent sur ce blog, à mes "habituées" qui me laissent un petit mot tous les jours, oui, tous les jours! Merci à celles qui se sont tout récemment enhardies à laisser un commentaire. Merci à celles qui m'envoient leurs encouragements par courrier électronique, et à celle qui, ne réussissant pas à se faire à l'idée d'utiliser la fonction "Commentaires", a carrément décroché son téléphone pour m'appeler (elle se reconnaîtra)!
Vous me surprenez toujours, car parfois je rédige des articles en me disant que ça présente un intérêt très moyen, comme dans le cas des kakis par exemple. Je m'attendais à trois ou quatre commentaires charitables de mes fidèles, histoire de ne pas laisser le bloc "Commentaires" désespérément vide. Or, ce message a suscité beaucoup de réactions, de la part de celles qui connaissaient, de celles qui ne connaissaient pas, qui adorent, qui détestent...
Finalement, je m'aperçois que des choses qui sont devenues banales parce qu'elles font partie de notre quotidien depuis plus de trois ans représentent toujours un dépaysement pour mes lecteurs. Sans votre enthousiasme, je n'aurais pas osé vous parler du simple fait d'aller au supermarché ou à la boulangerie, et pourtant, en écrivant ces articles, je me suis rendu compte que toutes ces choses auxquelles je me suis habituée ne sont quand même pas tout à fait comme chez nous... Il faudra un jour que je vous parle de la poste et du convenience store! Du coup, cela me fait plein de sujets en réserve... Si vous avez des souhaits et que vous souhaitez en savoir plus sur tel ou tel aspect, n'hésitez pas à me le faire savoir, certaines l'ont déjà fait et je les en remercie, car je trouve ça très stimulant. J'esaierai, dans la mesure de mes faibles possibilités, de vous donner satisfaction.
26 novembre 2007
Fin du week-end
Pendant ce week-end de trois jours, le temps a été radieux, bien au-delà des espérances qu'avait pu nous donner la météo. Frais le matin, mais des températures très douces ensuite au soleil, et un ciel sans nuage.
Après Tajimi, nous avons fait une escapade à Kyoto. L'un des mérites de Nagoya est en effet de n'être située qu'à 36 minutes de Kyoto en Shinkansen. Le Shinkansen, c'est comme le TGV, en plus spacieux, plus ponctuel et sans les grèves. Par exemple, le Shinkansen ne s'arrête jamais "en pleine voie", sauf s'il y a un tremblement de terre ou un typhon. Quoi qu'il en soit, ça va très vite.
J'ai, dans ma collection de guides, un ouvrage qui dit qu'il faudrait consacrer au moins trois semaines à Kyoto si on veut en voir l'essentiel. Au début, je ricanais sottement devant cette exagération. Aujourd'hui, je pense qu'il faudrait plutôt davantage, mais enfin... Je plains les pauvres touristes que l'on trimbale du Pavillon d'or au Pavillon d'argent avec une brève halte au Palais impérial et un passage éclair à Kyomizu-dera, un peu comme les Japonais qui font Paris, Londres et Rome en cinq jours...
Comme nous avons la chance d'être tout près, à chacune de nos visites, nous pouvons nous permettre de découvrir un endroit différent, ou au contraire de retourner sur des lieux qui nous ont séduits. Ce week-end, nous avions jeté notre dévolu sur le Ryoan-ji, un temple que je connaissais déjà, mais pas mon mari. C'est un temple bouddhiste zen et c'est là que se trouve un des jardins zen les plus connus du Japon, mais aussi le plus énigmatique, celui qui comporte quinze rochers que l'on ne peut jamais voir dans leur totalité, d'où que ce soit... Mais le Ryoan-ji possède aussi un magnifique parc :
avec d'innombrables essences d'arbres autour d'un charmant étang.
Bien sûr, les érables y flamboient, ce qui n'était pas étranger à notre choix.
Cependant, nous avions une autre motivation: un déjeuner de tofu dans le restaurant zen du temple, situé lui aussi dans un cadre enchanteur.
Inutile de me dire que vous n'aimez pas le tofu, je ne vous répondrai même pas. Mook est dispensée, je sais qu'elle l'aime!
Il est temps de quitter ce havre de paix pour prendre d'assaut un bus bondé et traverser toute la ville pour aller au Kodai-ji, un temple que nous ne connaissions pas (c'est possible ça? s'étonne notre fils qui n'était bien évidemment pas du voyage).
Oui, c'est possible, et il y en a encore d'autres, mais celui-là valait la visite.
Le jardin est à flanc de colline et le chemin flâne, entre un pavillon et un étang, offrant des perspectives inédites,
toits entraperçus à travers les feuillages,
escaliers couverts reliant deux bâtiments,
pavillon de thé isolé...
Mais l'heure tourne et comme chacun sait, le Shinkansen est toujours à l'heure. Le bus, lui, doit se frayer un chemin parmi les embouteillages et la journée se termine par une course effrénée à travers la gare, où nous sauterons dans notre train juste avant qu'il ne démarre...
24 novembre 2007
Soba
Hier, nouveau jour férié. Je ne sais plus très bien en l'honneur de quoi l'on chômait, mais en revanche je savais que s'il faisait beau, ce serait un jour chargé en embouteillages, car c'est la pleine saison des érables. Il fallait donc que nous nous trouvions un but d'excursion pas trop éloigné, où l'on puisse éventuellement voir des érables, mais qui ne soit surtout pas réputé pour ça. Nous avons donc décidé de suivre le cours de la rivière en direction de Tajimi, dans la préfecture de Gifu, et d'aller déjeuner au restaurant Totoya.
Contrairement à de nombreux restaurants au Japon, Totoya n'est pas au bord de la route. Totoya n'a nullement besoin d'une situation qui lui assurerait le bénéfice de la clientèle de passage, car sa réputation n'est plus à faire, et on y vient de très loin pour y manger. Pour atteindre le restaurant, il faut prendre une toute petite route qui ne mène qu'à une clairière, parmi les érables et les bambous,
car c'est là que se trouve Totoya, auprès d'un étang qu'on franchit par un petit pont de bois.
Bancs de bois sous les érables invitant à la rêverie, boutique vendant les céramiques des innombrables poteries des environs construite autour d'un vieux cerisier pour lequel on a percé le toit, détails charmants pour enchanter le visiteur, Totoya est en harmonie avec la nature qui l'entoure.
Mais pourquoi vient-on de si loin pour manger chez Totoya? Des soba. Les soba, ce sont des nouilles faites à partir de farine de sarrasin. Il existe plusieurs types de nouilles au Japon, les udon qui sont blanches et épaisses, les ramen qui sont plutôt des nouilles chinoises, jaunes, et les soba, typiquement japonaises, grises à cause de la farine utilisée. Évidemment, on trouve des soba partout, y compris dans les supermarchés, mais quand on connaît un bon restaurant spécialisé, qui fait ses soba à la main, on n'hésite pas à faire des kilomètres et à attendre une demi-heure pour manger! Et c'est le cas de Totoya. Le restaurant ne fait QUE des soba, et pas d'autres nouilles. Elles sont faites sur place:
Ici, évidemment, c'était terminé, car les nouilles ont été faites le matin. D'ailleurs, chez Totoya, c'est simple: les nouilles sont préparées tous les jours, dans la matinée, on les sert à midi, tant qu'il y en a, quand il n'y en a plus, le restaurant ferme.
Ce n'est rien de dire que les soba sont faites à la main: la pâte est étendue sur un linge (en fait, elle est placée entre deux toiles étendues par terre et piétinée, protégée par la toile du dessus, pour l'amincir et l'étendre) et ensuite, elle est pliée et repliée puis coupée au hachoir :
Et voilà les soba:
Totoya fait dans la "belle" simplicité, intérieur en bois, matières naturelles, tables basses et coussins. Pour les soba aussi, le restaurant sublime la simplicité, car on pourrait penser que des nouilles à la farine grise, ça n'a vraiment rien d'extraordinaire. Ce serait compter sans cette capacité qu'ont les Japonais de porter à la quasi-perfection les choses les plus simples. Chez Totoya, les soba ont un goût qu'elles n'ont nulle part ailleurs...
Tout ici vous incite à vous réjouir des choses simples: sur notre table, un intéressant reflet des érables à l'extérieur...
Et voici notre plat: les soba dans leur bouillon, accompagnées d'une tempura croustillante à souhait, et d'un thé de sarrasin. Le restaurant n'utilise que de la vaisselle provenant des poteries environnantes, de ces étonnantes céramiques japonaises toujours dépareillées et toujours assorties.
Pour être tout-à-fait complète, je dois vous préciser aussi, que comme tout restaurant de soba qui se respecte, on vous apporte ensuite un pichet en laque rouge qui contient l'eau de cuisson des soba, que l'on ajoute à la fin de son bouillon et que l'on boit avec délectation...un grand moment de bonheur et de simplicité.
23 novembre 2007
Pliages
Mes lectrices ont du talent, et ça me fait tellement plaisir de pouvoir vous le montrer!
Aujourd'hui, j'aimerais vous présenter les réalisations de Dragon bleu. Elle a déjà un nom terrifiant, et en plus elle fait partie du MFPP! Quelle organisation secrète peut bien se cacher sous cet acronyme? Juste l'inoffensif Mouvement français des plieurs de papier (leur site internet est actuellement en travaux, mais peut-être plus tard...), qui rassemble les passionnés d'origami de l'hexagone.
L'origami, cette technique japonaise de pliage du papier élevée au rang d'art par beaucoup de ses pratiquants, existe depuis des siècles au Japon. Au vingtième siècle, elle s'est répandue dans le monde entier et on compte maintenant des associations de plieurs de papier dans de très nombreux pays du monde. Il existe un certain nombre de pliages de base et des formes traditionnelles, mais la créativité et l'habileté des plieurs de papier sont infinies, et ils sont vraiment capables de représenter n'importe quoi sous forme de pliage. De nouveaux modèles voient le jour en permanence, aujourd'hui relayés par l'internet.
Dragon bleu fait preuve d'une curiosité insatiable à l'egard de toutes les cultures asiatiques et en a d'ailleurs approfondi un certain nombre d'aspects, aussi bien dans le domaine philosophique que musical ou sportif... Elle est revenue enthousiasmée d'un voyage au Japon et m'a demandé où elle pourrait trouver des modèles de pliages à plat de poupées de style "marque-page". Je lui en ai fait parvenir un petit sachet, et voici ce qu'elle m'envoie:
Le petit bonhomme, me dit-elle, lui a pris tout un après-midi, ce qui ne m'étonne pas, car il faut savoir qu'il y a en fait plusieurs couches de papier, comme deux kimonos superposés pour faire des revers. Elle ne me dit rien du fond à l'encre de Chine, mais je peux vous assurer qu'il ne faisait pas partie du kit...
Elle m'envoie aussi, pour rester dans le ton de mes derniers messages, ce superbe rat pour l'année 2008:
Moi, je le trouve très ressemblant et, comme je n'avais pas encore vu de rat sous cette forme, je suis comblée. Merci à Dragon bleu de m'avoir autorisée à 'partager' ses photos, comme on dit sur les blogs anglophones, et à vous en faire profiter!
22 novembre 2007
Surprise
Aujourd'hui, je vais pouvoir vous montrer un petit cadeau scrap destiné à ma belle-mère, car elle est partie pour trois semaines et n'a pas accès à l'internet. Du moins, j'espère qu'elle n'est pas accro au point de hanter les cybercafés, mais je ne crois pas. En tout cas, je demande aux personnes qui la connaissent et qui visitent ce blog la discrétion la plus absolue, car c'est un cadeau que je veux lui envoyer pour Noël et je voudrais que cela reste une surprise. Je retirerai d'ailleurs ce message avant son retour, au cas où il lui viendrait l'idée de lire tout ce que j'ai publié en son absence...
Cet été, j'ai trouvé au magasin Fée du scrap, à Nantes, un calendrier cartonné vierge, un de ces modèles à poser et non pas à suspendre. Je l'ai acheté dans l'intention d'en faire un cadeau de Noël. C'était début août, et je n'ai pas encore tout à fait fini! Il comporte 7 feuilles cartonnées recto verso montées sur spirale, donc 14 faces à remplir (quand on arrive à juin, on retourne et on repart dans l'autre sens, vous savez...), soit une face par mois avec la couverture et une page de fin. Les pages font à peu près 11 x 30, ce qui est bien pratique pour les fonds, une bande découpée dans n'importe quelle page 30 x 30 fait l'affaire. Il m'a fallu pas mal de temps pour sélectionner les photos de famille que j'allais mettre car j'ai essayé de choisir des photos qui soient à peu près en accord avec chaque mois, et puis il fallait aussi éviter que la même personne revienne trop souvent sur les photos.
En voici quelques pages:
Bérengère, tu reconnais?
Évidemment, du choix des photos dépendait celui des papiers de fond, et du choix des papiers de fond dépendait la couleur des Bazzill sur lesquels j'ai imprimé le mois. Au fait, ces modèles de calendriers se trouvent sur le site de Office online, dans la rubrique Modèles. Loin de moi l'idée de faire de la publicité à la société de M. Gates, mais pour une fois qu'elle nous offre quelque chose qui soit gratuit et pas compliqué à utiliser... On télécharge ces modèles dans Word, et ensuite on peut faire ce qu'on veut avec, modifier la police, la taille, la couleur, etc.
Arrivée à la fin, je me rends compte que j'aurais dû varier la position de la fleur que je place souvent dans le coin supérieur gauche, parce que quand toutes les pages sont empilées, ça fait une grosse épaisseur à cet endroit là! De toute façon, à cause de la spirale qui n'est pas très grosse, les premières pages du calendrier ne sont plus vraiment à la verticale. Je suis encore en train de travailler sur la couverture que je vous montrerai sans doute demain...mais vous ne dites rien, hein!
20 novembre 2007
Double dose
Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais le message d'aujourd'hui est doublement japonais. Pourquoi? D'une part, parce que c'est un message de saison, dans la plus pure tradition japonaise et, d'autre part, parce qu'il est consacré à un arbre et à un fruit typiquement japonais.
Au Japon, on parle beaucoup des saisons. Il est d'usage de les respecter les saisons et de bien profiter de ce que chacune d'entre elles a à offrir. Les Japonais, d'ailleurs, disent volontiers qu'il y a cinq saisons au Japon, le printemps, la saison des pluies, l'été, l'automne et l'hiver. Les saisons me paraissent effectivement beaucoup plus marquées que chez nous, et c'est vrai que c'est agréable de profiter d'un vrai printemps, sans passer directement de l'hiver à l'été ou, certaines années, à une saison qui se confond avec l'automne. Justement l'automne, au Japon, est une véritable - et magnifique - saison. Chaque saison a ses symboles, ses fleurs, ses activités, et bien sûr, ses plats.
En japonais, quand on écrit à quelqu'un, il est de bon ton de commencer par quelques considérations sur la saison: "c'est le printemps, j'espère que vous profitez bien des cerisiers en fleurs; c'est l'automne, j'espère que vous appréciez les feuillages; c'est l'été, j'espère que vous vous mettez bien à l'ombre par ces fortes chaleurs; j'espère que vous vous couvrez bien car c'est l'hiver". Je ne plaisante pas, avant de me mettre à rédiger ce message, j'ai reçu un mail charmant de la société à qui je loue ma voiture, libellé ainsi: "Bonjour, c'est la société Untel, nous espérons que vous profitez bien des couleurs d'automne. Pourriez-vous nous indiquer la date qui vous convient le mieux pour la révision de votre véhicule?".
L'automne, c'est la saison des érables, des châtaignes, des champignons et de ces fruits orange, assez peu connus chez nous, qu'on appelle des kakis. Voici donc un message doublement dans le ton puisqu'il vous parle des joies de la saison, et des kakis.
Pour commencer, la minute linguistico-culturelle: le mot kaki est ...japonais. Et si le kaki est orange, c'est parce que le mot qui désigne le fruit n'a rien à voir avec celui qui désigne la couleur kaki. Ces deux mots, homonymes en français, ont des origines totalement différentes : pour le fruit, le mot kaki vient directement du japonais, sans modification. L'anglais, lui, appelle ce fruit "persimmon" et n'a pas retenu le mot japonais. En revanche, le mot kaki utilisé en français pour désigner une couleur vert-brun vient de l'anglais khaki, qui l'a lui-même emprunté à l'urdu, langue dans laquelle il signifie poussière, terre.
Venons-en vite à nos kakis. Le kaki est le fruit du ...plaqueminier, un arbre d'origine asiatique, de l'est de la Chine, du Japon, les sources varient un peu. En tout cas, on en trouve partout au Japon, y compris à l'état sauvage. C'est maintenant qu'on commence à les remarquer, puisque c'est l'époque où leurs fruits mûrissent et changent de couleur.
Ici, il est un peu difficile de distinguer les fruits des feuilles roussies par l'automne, mais on a une meilleure idée ici:
D'un peu plus près, se découpant sur le ciel bleu, ou ci-dessous, en gros plan:
Mais dans quelques semaines, quand tous les fruits seront tombés, les plaqueminiers constitueront une des seules touches de couleur qui subsistera dans les jardins, avec les camélias.
Ils poussent aussi à l'état sauvage, ce qui arrange bien les oiseaux qui festoient dans les plaqueminiers à l'entrée de l'hiver.
Avant d'arriver au Japon, je connaissais déjà les kakis car il y avait plusieurs plaqueminiers dans le village de mes grands-parents, dans les Pyrénées. Seulement, personne ne savait comment manger ces fruits. Je me demande d'ailleurs toujours pour quelle raison ces arbres avaient été plantés, sans doute à une époque où on ne plantait pas un arbre pour des raisons esthétiques et où on était peu enclin au gaspillage, si en plus, on ne savait pas quoi faire des fruits.
Au Japon, il y a deux variétés de kaki, le fuyu et le hachiya. Le fuyu est une variété assez récente, dite non astringente, que l'on peut en principe manger après la cueillette. Le hachiya, variété classique, doit être consommé très mûr, pour ainsi dire blet, et on le déguste alors à la petite cuillère. Je dis en principe, parce que le kaki fuyu, frais...bof. Heureusement pour lui, c'est un fruit que je trouve magnifique:
Il a une superbe couleur orangée, une forme pleine et régulière, une peau lisse et quatre jolies petites feuilles qui forment un motif bien caractéristique à la base, là où il était attaché à l'arbre. On retrouve très souvent le kaki dans la culture populaire japonaise: plusieurs contes japonais mentionnent un plaqueminier ou des graines de kaki, de nombreuses peintures à l'encre ont pour sujet un kaki, au restaurant, en automne, on vous servira des mets dans un récipient en forme de kaki.
Au Japon, en fait, chose que j'ignorais totalement avant d'arriver, on consomme surtout les kakis séchés. En ce moment, les supermarchés vendent des cageots de kakis. Les gens qui n'ont pas de plaqueminier (voire pas de jardin du tout) les achètent, les pèlent, les enfilent sur une ficelle, et les mettent à sécher:
Eh oui, sur la corde à linge, et en plus, ça décore leur balcon.
Ici, une installation un peu plus élaborée, sous un petit abri. Il s'agissait d'une maison avec jardin, et les kakis sèchent en compagnie des oignons.
Une fois sec, le kaki prend beaucoup de saveur. Il est légèrement sucré, mais pas trop. Il existe plusieurs degrés de séchage. Bien sûr, une fois sec, le kaki a complètement perdu sa forme d'origine, mais certains fruits sont vraiment plats et secs, alors que d'autres sont encore assez rebondis, avec, à l'intérieur, une chair qui ressemble à de la confiture.
Si vous avez un plaqueminier dans votre jardin, essayez le séchage à la japonaise! Et si vous connaissez une autre façon de les manger, faites-le moi savoir.
19 novembre 2007
Bientôt Noël
On aurait tort de penser que Noël n'est pas fêté au Japon. Certes, c'est avant tout une fête chrétienne et, dans un pays qui compte 2 à 3% de chrétiens, on ne peut pas dire que ce soit une question de tradition. Pourtant, la fête de Noël est très populaire, en tout premier lieu auprès des commerçants japonais. Ne nous voilons pas la face, Noël au Japon, c'est avant tout du mercantilisme. Autant le Nouvel An est une grande fête japonaise traditionnelle, autant Noël est artificiel et vise à copier l'Occident. Mais quelle belle occasion de pousser les consommateurs à acheter un peu plus de gadgets, de produits de luxe et de nourriture que d'habitude!
Dès la mi-novembre, donc, c'est parti. Les rayons des magasins se remplissent de décorations rouges et vertes, de boules dorées et satinées, de sapins en fibres optiques scintillants et d'une foule d'autres merveilles tout droit sorties des ateliers de Chine et d'Asie du Sud-Est. Les décorations d'extérieur se taillent un franc succès, beaucoup de maisons décorent leur jardin ou leur balcon de guirlandes ou de sujets lumineux du plus bel effet. Déguisements de Père Noël, de renne ou de bonhomme de neige sont également très prisés. Noël est surtout une fête pour les adultes, et plutôt pour les jeunes, on n'offre pas vraiment pas de cadeaux aux enfants. C'est aussi une fête plutôt branchée, beaucoup plus montée en épingle dans les grands "depato" du centre-ville que dans les supermarchés de banlieue (vous avez deviné? "depato" , ça vient de l'anglais depatomento storu!).
Le centre-ville de Nagoya n'est pas en reste, et depuis quelques jours, la façade de la gare nous offre ce spectacle...
Allez, je vous la remets, de plus près:
Sur le trottoir d'en face, mais malheureusement, ce n'est pas facile de les prendre en photo la nuit, des hordes de gens mitraillent ce chef d'oeuvre avec leur téléphone portable, leur petit appareil compact, leur gros appareil monté sur pied pour l'occasion...
Tous les Japonais ne vont pas fêter Noël, loin de là, d'ailleurs ce n'est même pas un jour férié. En revanche, il est surprenant de constater que le "Christmas cake" a réussi à s'imposer. Pas une pâtisserie, pas un supermarché, pas un grand magasin qui ne propose de prendre dès maintenant les commandes de gâteaux de Noël.
Voici un petit extrait du catalogue des gâteaux de Noël d'un des plus grands "depato" de Nagoya. Ce catalogue comporte une bonne vingtaine de pages et tous les gâteaux portent la griffe de pâtissiers réputés, belges, français ou japonais (formés en Belgique ou en France, pour la plupart) et n'a rien à envier à une pâtisserie française de bonne tenue. Il offre même davantage de choix étant donné que le rayon alimentation des grands magasins est constitué d'une multitude de stands de marques très réputées.
En première page, M. Wittamer (la maison Wittamer possède des stands dans la plupart des grands magasins des grandes métropoles japonaises), on reste dans le chocolat et le praliné.
Sur la page d'en face, Pierre Hermé et Joël Robuchon, entre chocolat et macaron.
Quelques créations japonaises, toujours inspirées de la pâtisserie française, car à Noël on ne vous servira pas de gâteau au thé vert et aux haricots rouges, ce serait tout simplement déplacé.
La fraise, au Japon, est LE fruit de Noël par excellence. On ne peut pourtant pas dire que ce soit la pleine saison, car on entre tout de même dans l'hiver, mais c'est une sorte de tradition, un gâteau de Noël se doit d'être surmonté de fraises... Dommage, nous ne serons pas au Japon pour Noël et je n'en ai pas commandé, sinon j'aurais pu vous raconter!




























































