Merci encore pour tous vos petits mots d'hier. C'est Cath et Valérie qui ont raison pour le décalage horaire. Le soleil se lève à l'Est, donc d'abord chez moi, ensuite il passe à l'Europe et l'Amérique le voit en dernier. Voilà pourquoi la Madricaine n'est pas encore tout à fait en week-end et pourquoi Valérie se lève quand je vais me coucher!

Rassurez-vous, même si vous avez un faible pour Winnie ou Kitty (et même pour les deux), je vous parle encore car vous me laissez de si gentils commentaires que c'est un plaisir de vous lire tous les jours.

Mais aujourd'hui, nous changeons complètement d'univers ... il y a très longtemps, je crois avoir dit sur ce blog que les Japonais étaient capables du meilleur comme du pire et que les contrastes étaient très forts ici, certainement beaucoup plus marqués que chez nous, à mon avis. Ainsi, certaines coutumes ou traditions restent profondément ancrées dans le quotidien des Japonais bien qu'ils vivent à l'heure de l'internet mobile et des Shinkansen. C'est le cliché bateau: le Japon, entre tradition et modernité, mais pourtant oui, c'est comme ça.

Hier, j'ai assisté à une représentation de taiko. Ce n'était pas la première fois, mais c'est toujours aussi impressionnant. Le taiko, c'est un tambour japonais, ou peut-être faut-il dire les taiko, car il en existe différentes sortes. C'est surtout par leur taille que les taiko se distinguent les uns des autres. Le taiko est un instrument traditionnel japonais très ancien, sans doute introduit au Japon aux alentours du VIe siècle depuis la Chine ou la Corée. Le Japon a été très influencé par la Chine et la Corée à peu près jusqu'au Xe siècle, puis ces influences se sont atténuées et le Japon a poursuivi son évolution de manière plus autonome. Le taiko a lui aussi évolué d'une manière spécifiquement japonaise et il a toujours été très présent dans la culture japonaise.

Il existe énormément de groupes de taiko au Japon, on en dénombrerait aujourd'hui plus de 8000. Le plus célèbre est le groupe Kodo, originaire de l'île de Sado, qui a acquis une renommée internationale et fait des tournées dans le monde entier depuis des années. 

Un spectacle de taiko vous prend aux tripes, je ne trouve pas d'autre expression. Tout repose sur le rythme et les percussions, le seul autre instrument présent étant la lancinante petite flûte japonaise. C'est assez étonnant de voir des Japonais, ordinairement si réservés, se donner à fond en tapant sur ces tambours. Le battement monte en intensité, décroît, reprend, les bras ne cessent de s'agiter, une grêle de coups s'abat sur le cuir tendu, le grondement est de plus en plus fort. Avec un ensemble parfait, les percussionnistes poussent un cri, généralement juste une syllabe, et puis le rythme change pour repartir sur un autre tempo, une autre chorégraphie. 

Le groupe que nous avons vu était en formation "restreinte", ils n'étaient que six au lieu de dix-sept en général. Mes photos ne sont pas bonnes parce que le spectacle était en salle (souvent, c'est à l'extérieur) et que je n'avais que le plus petit de nos appareils numériques, pas assez rapide car, par définition, le joueur de taiko est toujours en mouvement.

DSC07208

Ici, on peut quand même voir les trois sortes de taiko présentés par le groupe, le grand au fond à droite (qu'on retrouve dans les sanctuaires), les moyens et les deux petits dont on peut changer la sonorité en réglant les cordes qui les entourent.

DSC07211

Ici, le percussionniste va entrer en action.

DSC07222

Ce qui frappe aussi, c'est l'ensemble parfait de la chorégraphie et l'impression de force brute, quasiment primitive qui se dégage du spectacle, alors même que beaucoup des percussionnistes sont des femmes. Physiquement, l'exercice a l'air d'être très exigeant aussi.

Deux meilleures photos, qui ne viennent pas du même spectacle:

taiko1

taiko2

On revoit les deux tambours moyens et le petit tambour à cordes:

DSC07239

Le groupe nous a aussi présenté la danse traditionnelle du lion, souvent exécutée dans les célébrations religieuses. Il y a deux personnes dans le lion, d'où les quatre pieds....

DSC07228

Un autre personnage, costumé en vieille dame, vient agacer le lion. Comme souvent en Asie, cette danse est destinée à chasser les mauvais esprits.

DSC07230

Pour finir, comme une bonne Japonaise, j'ai pris mon assiette de hors d'oeuvre en photo, elle au moins, elle ne bougeait pas!

DSC07241