Cette page a été préparée à l'avance, parce que, si tout se passe selon les prévisions, jeudi, nous avons un typhon. Oui, c'est la pleine saison (comme les pêches et les figues). Celui-là (c'est le n°9) faisait tranquillement route vers Taïwan quand il a décidé de changer de cap. Il arrive droit sur nous, à moins qu'il ne fasse encore volte-face avant d'atteindre les côtes japonaises. Pour l'instant, son rayon d'action prévu est encore très large, les prévisions doivent être affinées. S'il passe à 100 km à l'est ou à l'ouest de chez nous, nous nous en rendrons à peine compte.

Enfin aujourd'hui, une nouvelle page pour mon ABC Japon. J'arrive en fin d'alphabet et je ne vous cache pas que certaines lettres me posent de gros problèmes... Pas le W, en tous cas, parce qu'il y a beaucoup de mots japonais qui commencent par cette lettre, et notamment par "wa", qui peut signifier entre autres "harmonie". Etant donné que les Japonais se considérent un peu comme ayant le monopole de l'harmonie, le préfixe "wa" représente souvent ce qui est japonais par rapport à ce qui ne l'est pas, qui est "yoo" (occidental). Ca me paraît un peu prétentieux, genre chez les autres c'est la pagaille, mais c'est comme ça. Ainsi, dans un hôtel, on vous demandera si vous voulez le petit-déjeuner washoku (nourriture japonaise) ou yooshoku (occidental). Si vous ne pouvez pas vous passer de café, prenez le deuxième.

Pour la pâtisserie, c'est pareil, le terme général est (o)kashi, mais la pâtisserie japonaise traditionnelle, c'est wagashi. Le wagashi, c'est comme beaucoup de choses au Japon, en ce qui me concerne, c'est comme le thé d'orge glacé, les soba froides ou le tofu. D'abord, on se dit que ce n'est pas terrible et qu'on n'en mangera jamais, et puis un beau jour on se retrouve à avoir envie d'un plat de soba froides ou à courir les salons de thé pour déguster un wagashi avec un thé vert, voire un macha battu.

C'est aussi, je crois, un aliment "contextuel". Qui n'est pas rentré de son premier séjour linguistique en Angleterre dans les années 80 avec un pot de lemon curd et un paquet de Horlicks dans sa valise (si vous êtes à peu près de ma génération...). Au bout de quelques mois, on mettait tout à la poubelle parce que c'était périmé, parce que finalement, chez nous, tous ces produits avaient perdu de leur charme.

Donc, le wagashi, c'est un jour de printemps au Japon, après avoir fait les boutiques d'artisanat à Kyoto ou d'antiquités à Tajimi.

Pour en savoir plus sur les wagashi, il faut aller voir ce site. C'est celui de Toraya, une pâtisserie japonaise installée à Paris, qui vous explique en peu de mots tout ce qu'il faut savoir sur le wagashi. Bien que la pâtisserie japonaise n'utilise pas d'ingrédients d'origine animale, il faut la consommer toute fraïche, le jour même ou le lendemain. On en trouve parfois dans des boîtes, avec de très beaux emballages, mais le contenu est décevant. Pour apprécier vraiment le wagashi (ce qui n'est pas évident), il faut le consommer frais du jour, avec un thé vert, dont l'amertume est corrigée par la douceur de la pâtisserie.

wagashi

Comme l'indique le site de Toraya, l'esthétique est très importante dans la pâtisserie japonaise. Sa consistance, qui rappelle un peu la pâte d'amandes, se prête à toutes sortes de façonnages et permet de présenter des modèles différents selon les saisons. La présentation dans l'assiette est capitale, également, ici le wagashi est dans une assiette en laque décorée d'une feuille d'érable rouge, et une vraie feuille d'érable a été placée dessous.

Et ma page? C'est du Bazzill, et le papier Urban Lily qui s'appelle...sushi stripes, une belle collection pour des pages japonaises, bravo les Aussies!