31 mai 2007
Masculin
Devinez où on va aujourd'hui? On retourne à Bali! Oui, il n'est pas fini, mon album, je l'avais un peu laissé de côté parce que j'avais d'autres occupations, mais je l'ai repris avec plaisir, d'autant plus que: 1) J'ai reçu plein de nouveaux papiers pour mon anniversaire (merci, M et J!) et 2) les pages 20 x 20, ça va vite!
Nouveaux acteurs de cette cérémonie, les hommes. On les a aperçus sur la page "Bannières", il y avait les deux petits bouts de chou (Hauts comme trois pommes) tout seuls sur la plage, je voulais mettre les Balinais à l'honneur dans leur magnifique costume. J'ai choisi les porteurs du gong pour faire une page "masculine" mais néanmoins fleurie....
Papiers Au-delà des cimes et uni Bazzil, chipboards Fancy Pants passés à l'acrylique (et à la glossy pour les trois gros points) , fleur japonaise, alphabet Basic Gray.
30 mai 2007
On comprend tout
Je vous ai déjà longuement entretenu(e)s des magasins à 100 yen, et je voudrais vous en parler de nouveau, tant ces endroits regorgent de trésors insoupçonnés.
Moi qui suis pourtant une fidèle cliente des Daiso, 100 yen Plaza, et autres chaînes, je n'avais pas encore remarqué que, dans un souci constant d'améliorer le service à la clientèle sans doute, la chaîne Daiso propose des articles présentés dans des emballages multilingues. Ainsi, les clients étrangers qui ne reconnaîtraient pas au premier coup d'oeil l'article dont ils envisagent l'acquisition ou qui ne seraient pas sûrs que c'est bien ce qui leur faut peuvent très facilement s'assurer qu'ils ont fait le bon choix. Il leur suffit de regarder l'emballage et de comprendre l'anglais, le chinois, le français, le coréen ou l'arabe.
Vous en doutez? La preuve en images: je me suis offert, pas plus tard qu'avant-hier, un prompt cireur scintillant que voici:
Notez que si j'avais débarqué de Séoul, de Rabat ou de New York, j'aurais aussi pu immédiatement comprendre à quoi ça servait, sans regarder l'illustration bien sûr.
On peut s'interroger sur le circuit de distribution de ces articles. Ils sont, bien entendu, tous fabriqués en Chine, car autrement ils ne seraient pas vendus au Japon pour 100 yens (63 centimes d'euros, le yen n'arrête pas de baisser, ou l'euro de monter, comme on voudra). Ben oui, on n'est pas à Lourdes, ici.
Mais dans quelles autres parties du monde sont-ils exportés pour que les producteurs proposent un emballage portant une inscription en anglais, chinois, japonais, coréen, français et arabe? Ce n'est pas toujours si complet, témoin ce sachet d'"agent se baignant médicinal", qui n'est peut-être pas disponible dans les pays arabes:
Pas plus que ce "cas de la nom carte" à fixer à la poignée de votre valise.
Heureusement, pour l'objet suivant (ça ne doit pas venir de la même usine), il y a de nouveau cinq langues, et ça n'est pas de trop, parce que là, j'ai beau avoir l'habitude de la traduction automatique, il a fallu que je regarde attentivement l'image pour comprendre que sur ce petit cône en bois, on pouvait enfiler ses bagues:
Eh bien oui, quoi, c'est pourtant évident: "Ring the bell": sonnez la cloche, "Ring holder": sonnez le support!
29 mai 2007
Moyens du bord
Je ne fais pas souvent des cartes, mais là, je n'avais pas le choix. Il y a un certain temps que je dois envoyer une carte à l'occasion d'une naissance, je pensais profiter d'un tour dans le centre-ville samedi pour trouver une carte "occidentale" du style "A new baby! Congratulations", mais rien à faire. Les Japonais n'envoient pas de carte pour les naissances, mariages et autres occasions, ils envoient une enveloppe décorée à l'extérieur et garnie, à l'intérieur, d'espèces sonnantes et trébuchantes. Dans les magasins qui vendent des produits "à l'occidentale", on arrive à trouver des cartes "Happy Birthday", "Happy Wedding", "Baby Boy", "Baby Girl" et autres "Good luck" et "Get well soon", mais c'est vraiment pour faire du genre. Le magasin dans lequel j'étais fait pourtant du genre, lui aussi, mais là, je ne sais pas, ils avaient réorganisé leur rayon cartes, et il n'y avait que "Thank you" et "Happy Wedding", qu'on ne peut vraiment pas supprimer parce qu'à cette occasion là, on fait vraiment beaucoup, beaucoup de genre, ici.
Donc aujourd'hui, j'ai fait une petite carte toute simple avec les moyens du bord, des chutes de papier Canson, SEI et Colorbloks, un ruban, une fleur et des chaussons en feutrine, et des rub-ons et un alphabet Doodlebugs. Et dès demain, elle sera en route pour la France!
28 mai 2007
C'est beau, l'obi!
Il faut le reconnaître, même si tous les goûts sont dans la nature, en matière vestimentaire, ceux de la majorité des Japonaises sont assez singuliers. Tuniques en voile à smocks à taille sous la poitrine, genre Mme de Staël, superposées sur d'autres tuniques et T shirts de longueurs différentes, le tout porté sur un bermuda qui s'arrête au-dessus du genou (quand ce n'est pas un mini-short), avec de grandes chaussettes noires et des sandales dorées à talon aiguille. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elles n'achètent pas vraiment avec discernement.
Du coup, il vaut mieux les voir en kimono. C'est incroyable ce que deux pièces d'étoffe aussi simples peuvent donner de raffinement, au bout du compte. Oui, car, au départ, le kimono, c'est juste un long manteau très large à la coupe en T ouvert devant complété par une longue bande (environ 3 mètres) qu'on va porter en ceinture nouée, l'obi. Il n'y a pas vraiment de taille pour les kimonos, juste trois ou quatre différentes longueurs, après, on ajuste avec l'obi. L'obi fait qu'un kimono est aussi, voire encore plus beau vu de dos que vu de face. Le kimono peut être soit imprimé, soit très sobre, par exemple uni avec un imprimé dans le bas. L'obi, lui, est en général coloré, chatoyant, brodé de fils d'or ou d'argent. C'est très lourd, un obi, très épais et très raide. On est souvent étonné par les couleurs qui ont été associées dans la combinaison kimono - obi, des mariages au premier abord impensables, mais qui finalement se révèlent très heureux.
Sur ma page (c'est la page O de l'album, au fait), une jeune fille en kimono lors d'une cérémonie de mariage. Il n'est pas rare, au Japon, que le kimono serve de tenue habillée aux femmes lorsqu'elles assistent à des mariages, des remises de diplômes et autres cérémonies. Finalement, on voit relativement souvent des femmes en kimono. Certaines personnes âgées le portent quotidiennement, mais elles sont quand même assez rares. J'ai mis un certain temps à réaliser que, lorsqu'on voit des dames portant le kimono dans le métro ou dans une gare, c'est parce qu'elles vont à une cérémonie et qu'il n'est pas question de se changer sur place, vu que seules les expertes sont capables de se débrouiller toutes seules pour mettre un kimono et nouer l'obi.
Le kimono, ici, a un fond bleu turquoise et des motifs de fleurs de prunier, de pivoines et de feuilles de bambou, l'obi est richement brodé de fleurs et de feuilles, avec un motif natté. Pour laisser l'obi en point focal, j'avais juste opté pour un fond rose pâle et une bande de papier japonais turquoise pâle, avec deux petits carrés au coin de la photo et la fleur en haut à droite, mais même avec les grosses lettres du titre et les trois petites fleurs d'ume en bas, ça faisait un peu vide. Je suis tombée par hasard sur cette guirlande d'hirondelles turquoise avec ces fils bleus, jaune et argent, qui m'a permis de compléter ma page que voici:
Papier rose pâle SEI, rose foncé et turquoise: japonais, fleurs d'ume japonaises, guirlande Paper Crafts (Midori), grosse fleur Petaloo un peu modifiée et alphabet Rhonna Farrer.
26 mai 2007
Souriez!
Je vous ai déjà parlé des voyages scolaires, initiation au voyage en groupe. Le corollaire du voyage en groupe, c'est la photo de groupe. Pour faire un souvenir, pour montrer qu'on y était, et surtout qu'on y était tous ensemble. C'est incroyable ce que l'idée d'appartenance au groupe peut être obsédante au Japon. Pendant les entretiens de recrutement de jeunes diplômés auxquels il participe, mon mari est exaspéré par cette question, que ses collègues japonais posent à chaque candidat: "A l'université, vous faisiez partie d'un club sportif?" (Pourquoi, me dit-il, on ne cherche pas un ailier gauche ou un gardien de but, que je sache?) Question suivante, si le candidat, par bonheur, faisait partie d'une équipe quelconque, "Vous étiez capitaine?" Faire partie d'un groupe, c'est bien, savoir le diriger, c'est encore mieux. Notons au passage qu'il vaut mieux faire partie d'une équipe de basket que d'une équipe de rugby, parce que dans une équipe de cinq joueurs, on a davantage de chances de se retrouver un jour capitaine à la faveur d'un forfait ou d'une blessure que dans une équipe de quinze.
On apprend très tôt à poser pour la photo de groupe, comme ces enfants de maternelle en visite à Nara. Je prédis un sombre avenir dans le groupe à l'enfant au bout de la première rangée, tout à fait à droite. Malgré les interventions répétées des accompagnatrices, il refuse de regarder l'objectif et tente même de se désolidariser du groupe. Pour les deux de la rangée du dessus, en revanche, aucun problème, ils font même preuve d'une grande précocité puisqu'ils posent déjà en faisant le petit V que les Japonais aiment tant faire sur les photos (Pour répondre d'avance à vos questions, pour eux, ça représente un souhait de paix, alors que pour nous c'est le V de la victoire. Ils ne savent pas très bien eux-mêmes d'où ça vient ni pourquoi ils le font, en tout cas c'est assez exaspérant).
Où faire la photo de groupe? Eh bien, à l'endroit prévu à cet effet, pardi! Et il n'en manque pas, dans tout le Japon. Devant le torii de Myajima, au pied de Kyomizu dera, au lac Masshu, sur tout belvédère qui se respecte, on trouve une installation de gradins métalliques pour faire la photo de groupe. Elle est généralement pourvue d'une plaque qui indique le nom du site, munie de plaquettes amovibles pour changer la date, comme ici au musée de plein air aïnou à Hokkaïdo:
Certes, à trois, sans badges ni chapeaux, nous ne sommes pas très convaincants, comme groupe. Mais c'est pour vous donner une idée. Comme ça, quand on regarde ses photos, on ne risque plus de dire "C'était où, ça déjà?" ou "C'est en quelle année qu'on y est allés?". A Hokkaïdo, l'île la plus au nord du Japon, où on visite surtout des sites naturels, toutes les pancartes de date sont à jour, même dans les endroits les plus isolés. On ne peut s'empêcher d'imaginer l'employé chargé de changer la date des gradins à photo, passant ses nuits à sillonner les sites touristiques, pour que les pancartes soient bien à jour pour l'arrivée des premiers cars, dès 9 heures...
S'il n'y a pas d'installation (ce qui est rare), c'est plus délicat. Au Todai ji de Nara, ils ont été obligés de mettre une pancarte interdisant de prendre des photos de groupe dans la grande allée devant le temple. Les touristes étrangers ont dû se plaindre d'avoir en permanence la perspective sur le temple gâchée par un groupe de Japonais badgés et chapeautés souriant devant l'objectif...
Désolée pour la mauvaise qualité de la photo, prise en marchant. On y voit quand même que l'inscription en japonais est plus grosse que les autres. Si on est d'humeur indulgente, on dira que c'est parce que ce sont eux les visiteurs les plus nombreux, si on est cynique, on pensera que ce sont les plus susceptibles d'avoir l'idée de se planter en groupe dans l'allée pour se faire tirer le portrait.
Comment s'habiller pour la photo de groupe? Tout dépend des circonstances et du but de l'excursion. Ici, un groupe de fidèles venus pour un festival religieux au grand sanctuaire shinto d'Ise, qui a revêtu le costume de son association:
Ici, à Tsumago, petite bourgade de moyenne montagne, réputée pour son artisanat, un groupe plus classique, avec chapeaux et badges. Pour la photo, ceux du premier rang tiennent les chapeaux en bambou (qui furent un jour) caractéristiques de la région, ça c'est pour montrer où ils étaient.
J'ajoute quand même, parce que ça laisse rêveur, qu'après la photo, ils vont tous aller remettre sagement les chapeaux dans un coffre de bois qui est sur le côté et qu'on ne voit pas sur la photo, même pas fermé à clef, pour qu'ils soient utilisés par les groupes suivants...
25 mai 2007
Exténuant, Tokyo!
Encore une photo qui attendait son heure... J'y ai repensé tout d'un coup, je ne sais pas pourquoi. Ou plutôt si, c'est en retournant sur le blog de Mélanie, que je n'avais pas visité depuis un certain temps, et qui n'a pas son pareil pour les pages urbaines et funky. Et Tokyo, c'est par définition urbain, et accessoirement funky, mais bien d'autres choses encore. Alors, évidemment, Mélanie a beaucoup plus de talent que moi, quand elle vous dit qu'elle a scraplifté une page, on ne la croit jamais parce qu'elle lui a tellement insufflé son style que ça n'a plus rien à voir avec la page de départ, bref elle fait "du Mélanie" et qu'est-ce que c'est tonique!
Cette page sera peut-être la première d'un album "Japon: une ville, une page"? Je ne sais pas trop. Il y a quelques endroits pour lesquels je pourrais le faire, mais après, ici, beaucoup de villes se ressemblent.
Enfin, voici ma page sur Tokyo. La photo fait tout, évidemment, c'est encore l'oeil de mon cher et tendre qui a frappé, si on peut dire.
Je ne vous dis pas combien de temps il m'a fallu pour me décider à mettre ces deux bandes de papier à l'oblique et pour écrire sur le côté de la photo. Si je coupe et qu'après ça ne va pas..., si je l'écris et que c'est moche, tout mon fond est foutu, je n'ai plus qu'à tout recommencer... Et on appelle ça un loisir? Et je ne vous parle pas du scan! Hier soir, après une douzaine d'essais, j'arrive enfin à un résultat que je n'oserais même pas qualifier de satisfaisant, disons moins désastreux que les autres, et ce matin, en reprenant mon fichier, je m'aperçois que pendant les multiples manipulations, le porte-étiquettes en bas à droite s'était subrepticement fait la malle, et je n'ai plus eu qu'à tout recommencer! D'après ma fille, et je crois qu'elle a raison, quand il y a des éléments en relief, la surface en contact n'est plus uniforme, d'où ces différences de teintes autour des reliefs. Et après, il a encore fallu rajouter un tour noir à la page, parce que, une fois chargée sur le blog, forcément, blanc sur blanc, ça ne donnait rien. Exténuant, Tokyo!
Papiers KI Memories, Scenic Route, et American Crafts, chipboard flèche Heidi Swapp, rub-ons KI memories. Ca vieillit mal, les rub-ons, quand on ne les utilise pas! Moi, j'ai un peu trop tendance à conserver mon matériel, je trouve que ce n'est jamais le moment de l'utiliser, que je vais peut-être encore attendre, eh bien c'est idiot. J'ai eu un mal de chien à décoller les rub ons que je voulais pour les faire coller sur mon papier, par contre ceux dont je ne voulais pas se sont décollés sans que je leur ai rien demandé pour se coller sur la photo que j'ai dû réimprimer!
Mais finalement, j'aime bien ma page!
24 mai 2007
Quand c'est fermé, c'est ouvert
Ouvrez vos abécédaires à la page N! Rapide calcul, avec ce que je vous ai déjà montré et les quelques pages que j'ai en réserve, j'en suis déjà aux deux tiers de mon alphabet.
Aujourd'hui, on parle chiffons. Le sujet de ma page est, à mon sens, un des plus charmants des éléments du décor japonais, c'est le noren. Il s'agit d'un rideau fixé à l'entrée d'un commerce ou d'un restaurant (aujourd'hui, seulement les commerces et restaurants traditionnels en ont, ne vous attendez pas à voir un noren à l'entrée du Carrefour local ou du Starbucks). Quand le commerce est ouvert, la porte d'entrée, souvent coulissante, est ouverte mais on ne la voit pas car le noren pend devant. Il part du haut de la porte et couvre un espace compris entre le tiers supérieur et la moitié de l'ouverture de la porte. On l'écarte pour entrer, il comporte au minimum deux pans, davantage si l'ouverture est large (comme sur la photo).
Paradoxalement, donc, quand le noren pend de manière à cacher en partie la porte ouverte, c'est ouvert, quand il est roulé sur la tringle ou attaché sur les côtés, c'est que le magasin est fermé (la porte derrière le noren est fermée aussi, d'ailleurs.
Le noren porte le plus souvent le nom du magasin, ou le symbole de l'activité de l'établissement, ou encore, comme sur cette photo, l'emblème de la famille propriétaire du commerce. Ici, c'est l'entrée d'une très ancienne brasserie de sake, à Mino.
Les plus beaux noren sont en chanvre, ils ont la particularité de laisser filtrer la lumière. Ils peuvent être brodés, imprimés ou peints à la main.
C'est une page finalement très simple, mais j'ai passé beaucoup de temps à chercher des papiers dont les tons s'harmoniseraient avec les couleurs de la photo, notamment pour refléter cette lumière rosée qui filtre derrière le noren.
Papiers Bazzil, SEI, et un papier japonais. Fleur Making Memories sur une découpe en spirale du papier à fleurs. Rub ons style couture Doodlebug dans les angles, pour rester dans le textile, mais je ne sais pas si on les voit bien.
23 mai 2007
Les voyages forment la jeunesse
Petit message personnel (enfin, collectif) d'abord. C'est vraiment formidable de vous retrouver comme ça après une semaine d'absence! Eh oui, grace aux statistiques de Canalblog, je vois la fréquentation de mon blog et j'ai vu les chiffres remonter en flèche le lundi 21, jour de la reprise des "émissions". Alors, merci d'avoir été au rendez-vous et, si vous n'avez jamais laissé de commentaires, lancez-vous un de ces jours, il suffit de cliquer sur "Commentaires" et de remplir les cases. Rassurez-vous, seul votre blog ou site web, si vous en avez indiqué un, apparaissent, votre adresse e-mail reste confidentielle.
Je vous avais promis quelques chroniques ramenées de mes errances, voici la première:
Peut-être vous êtes-vous déjà amusés de ces groupes de touristes japonais que l'on voit à Paris ou dans d'autres capitales européennes. Dûment munis de badges et coiffés de chapeaux, Nikon (Canon, Minolta, Olympus, rayer la mention inutile) autour du cou (ou à la main, maintenant, avec ces compacts!), ils suivent de près leur guide qui généralement tient en l'air un fanion et commencent à paniquer s'ils le perdent de vue (c'est pour ça qu'ils vous bousculent). On peut mettre ça sur le compte de la mauvaise connaissance des langues étrangères qu'ont les Japonais et se dire qu'il est plus facile d'aller à l'étranger en groupe quand on ne peut pas communiquer. Ce n'est certainement pas la principale raison puisque, dans leur propre pays, c'est pareil. En fait, à quelques exceptions près, ils ne savent pas (sans belgicisme) faire autrement.
Au Japon, la notion de groupe est très importante. De la naissance à la mort, on est toujours en relation avec un groupe quelconque et il vaut mieux être à l'intérieur qu'à l'extérieur du groupe en question. Famille, puis école, puis université, puis entreprise, voilà le parcours type. Le voyage en groupe est en quelque sorte une sous-catégorie des groupes précédemment cités.
Ainsi, l'écolier japonais connaît, outre les inévitables journées sportives, fêtes d'école et représentations d'art dramatique qui émaillent l'année scolaire, trois moments phares dans son cursus : le voyage scolaire en primaire, le voyage scolaire au collège, et le voyage scolaire au lycée. La fin du mois d'avril et le mois de mai sont les plus propices aux voyages scolaires, et pourtant l'année scolaire commence en avril. Oui, car le but du voyage, c'est principalement de souder le groupe! Destinations de prédilection: Kyoto, Nara, Hiroshima, hauts lieux de la culture et de l'histoire japonaises. Comme ce sont aussi les destinations et les périodes favorites des touristes étrangers, si vous venez à Nara en mai, vous êtes sûrs de voir ça:
Ici, il s'agit d'élèves du primaire, qui en général ne sont pas en uniforme, mais ceux de la deuxième photo viennent peut-être d'une école privée qui impose l'uniforme dès le primaire. Généralement, le bob jaune est réservé aux enfants de première année de l'école primaire, qui le portent toute l'année quand ils vont à l'école. Sur la première photo, il s'agit plus probablement d'un signe distinctif pour le groupe (avec le sac).
A partir de l'école secondaire, les élèves portent l'uniforme. Se trouver au mois de mai sur les sites touristiques, c'est feuilleter un catalogue d'uniformes scolaires japonais grandeur nature. Hordes de cols marins et jupes plissées bleu marine au Pavillon d'or, jupes écossaises et cardigans bleu marine au Pavillon d'argent, jupes grises, blouses blanches et débardeurs anthracite à Kyomizu dera. Certaines, vêtues de strictes robes chasubles bleu marine (ennuyeux, la chasuble, on ne peut pas retourner le haut de la jupe pour la raccourcir quand on quitte l'école!) dévisagent les Occidentaux sans retenue. Vu leur tenue vestimentaire et leur coupe de cheveux, on les imagine arrivant de quelque lointaine préfecture campagnarde où les étrangers ne sont pas monnaie courante. Pour les garçons, la gamme d'uniformes est moins étendue, on trouve des blazers mais l'uniforme est plus généralement composé d'un pantalon et d'une veste à col mao à boutons dorés, comme ici, pendant la pause bento à Hiroshima:
Ce qui frappe, c'est la maniabilité du groupe d'écoliers japonais. On voit souvent des groupes très nombreux, 60 à 80 enfants, voire davantage, accompagnés de trois ou quatre adultes seulement. Un groupe de cette taille se dirige apparemment très facilement ici, chacun a son badge, appartient à un sous-groupe conduit par un chef de sous-groupe, et tout le monde respecte les consignes. Ça ne signifie pas non plus qu'ils soient soumis à une discipline de fer, ça ne les empêche pas de se pousser du coude, de s'interpeller et de ricaner comme tous les enfants de leur âge, mais quand le chef parle, on écoute. N'allez pas non plus penser que le chef les rudoie ou aboie des ordres militaires, non, il respecte bien les formes de politesse pour donner ses consignes, et son autorité est respectée.
Ici, une longue file de collégiennes entrant au Mémorial de la paix d'Hiroshima (je n'avais encore jamais vu ce type d'uniforme, simple robe bleu ciel). J'ai remarqué que les groupes ont visiblement interdiction d'emprunter les escalators dans les gares, sans doute pour ne pas retarder les autres voyageurs. J'arrivais un jour en courant à la gare de Kyoto avec quatre minutes pour attraper mon Shinkansen et je commençais à paniquer en voyant une marée bleu marine se diriger vers l'entrée de la gare. Ils vont s'engager sur l'escalator avant moi, me disais-je, et je ne serai jamais sur le quai à temps. Mais si, car, arrivés devant l'escalator, ils ont opéré un quart de tour à faire pâlir une légion romaine pour prendre l'escalier, me laissant le champ libre (j'ai eu mon train)...
Pour le touriste, le principal inconvénient du groupe d'écoliers, ce n'est pas tellement l'encombrement des lieux touristiques qu'ils occasionnent, même si c'est parfois un peu pénible. Non, ce serait plutôt le questionnaire que leur professeur d'anglais ne manque pas de leur remettre. "Vous allez dans un endroit touristique, vous allez donc voir des étrangers, profitez-en pour pratiquer votre anglais". Entre parenthèses, pour beaucoup de Japonais, les étrangers sont forcément américains. Les écoliers japonais n'apprennent qu'une langue à l'école, c'est l'anglais, ou plutôt, comme dit Will Ferguson, auteur de l'hilarant Hokkaïdo Highway Blues, qui a lui-même été professeur d'anglais au Japon, l'anglais est enseigné en leur présence. Donc, le pire pour un étranger, c'est d'être pris pour cible par un sous-sous-sous-groupe de trois ou quatre collégien(ne)s tenant à la main son questionnaire. La (c'est souvent une fille) plus délurée ânonne les questions, en principe au nombre de trois: "Where are you from?" "How long are you staying in Japan?" et "What do you think of Japan?", pendant que ses copines gloussent en mettant leur main devant leur bouche (une femme japonaise bien élevée ne montre pas l'intérieur de sa bouche). La réponse à la première question a des chances d'être comprise si vous venez d'un grand pays, (déjà, la Belgique, ce n'est pas sûr) la réponse à la deuxième ne devrait pas poser de problème car elle s'exprime en général en jours ou en semaines, mots qu'ils connaissent, et à la troisième il vaut mieux répondre "it's very beautiful" pour être sûr de ne pas les mettre dans l'embarras.
L'ennui, c'est qu'ils manquent un peu de créativité. Quand on a été repéré par un sous-sous-sous-groupe comme étranger susceptible de répondre au questionnaire, on est arrêté tous les dix mètres par d'autres sous-sous-sous-groupes munis du même questionnaire. Et quand on est comme moi, au bout du troisième questionnaire, on craque, et au quatrième sous-sous-sous-groupe, on dit lâchement "Euh... me no speak English", et on prend la fuite....
22 mai 2007
Pas vraiment d'actualité...
...mais c'est la page M de mon album, même si ce n'est pas la saison. Il n'y aura pas de page sakura (cerisiers) dans l'album, car j'ai préféré mettre l'ume à l'honneur, c'était même la première page de scrap que j'ai présentée sur mon blog. Mais passer les momiji (érables) sous silence, je ne pouvais pas.
Le "koyo" (bon, il faudrait arriver à mettre un petit trait horizontal au-dessus des o, car ce sont deux "o" longs), c'est-à-dire le changement de couleur des feuilles, suscite autant d'engouement que le "hanami" (littéralement, voir les fleurs, plus particulièrement de cerisiers). Flotilles de cars, hôtels complets, groupes suivant le guide agitant son fanion, c'est le mois de novembre au Japon. Et le pire, c'est que ça en vaut la peine, même si évidemment, on n'est pas obligé de le faire en groupe, mais ça, je vous en reparlerai.
Cet automne 2006, l'automne a été très beau et les feuillages magnifiques. Vous en aviez eu un tout petit aperçu avec ma page Aki, voici ma page Momiji:
Papiers Bazzil, Rouge de Garance et Imaginisce, découpes de feuilles d'érable japonaises, ruban à 100 yens les 2 mètres et coeur de fleur Petaloo (j'ai été très intimidée quand j'ai vu la taille de ces fleurs!).
Je vous en remets quelques-unes pour changer les couleurs...
21 mai 2007
La honte...
A l'invitation de Véro, je vais vous montrer mon fond d'écran, mais pour être tout à fait honnête, il faut que je dise que c'est lorsque j'ai vu le message de Véro sur son blog que je me suis décidée à mettre un fond d'écran sur ce PC, qui tourne depuis ... neuf mois avec un des fonds d'écran par défaut Windows! Comme si je manquais de photos! Ou alors c'est justement ça, l'embarras du choix. Enfin, avant que je n'achète ce nouveau PC, je mettais toujours une photo en fond d'écran et bien sûr, j'en changeais régulièrement. Bref, depuis trois jours, grâce à Véro, j'ai ça:
Pour une fois, c'est moi qui ai pris la photo, à Kyoto, au Daitoku ji, pendant une de mes excursions de ces deux dernières semaines. Et heureusement que j'avais mon fils pour me faire une copie d'écran car mes trois ou quatre photos de l'écran étaient nulles, mais il est arrivé et en deux clics et trois touches, voici mon fond d'écran dans son petit fichier, prêt à partir sur mon blog.
J'en profite pour vous prévenir que, de mes derniers voyages au Japon, j'ai plutôt ramené des petites chroniques et des anecdotes, vu que je retournais dans ces endroits pour la troisième ou quatrième fois, parfois plus, et que des photos à scrapper, j'en ai déjà des tas...



























