J'ai des milliers de photos qui attendent depuis plusieurs années d'être scrappées, mais il a fallu que je m'attaque à la série la plus récente! Mais c'est aussi ce que j'aime dans le scrapbooking, on peut travailler à l'inspiration, faire les pages indépendamment les unes des autres, se souvenir tout à coup d'une photo et se dire, tiens, ça serait pas mal de faire ceci ou cela avec. Donc, moi, c'est une photo de détail de Nikko qui m'a inspirée, une photo comme mon cher et tendre sait les faire, avec une composition décentrée, des lignes de fuite, des jeux de lumière, bref une de ces photos que je ne saurais jamais faire et qui ne plaisent peut-être pas à tout le monde d'ailleurs...

Enfin, moi, elle me plaisait beaucoup car elle résumait en 10 centimètres sur 15 l'impression que je conserve de Nikko: les cèdres et la laque. Comme je crois l'avoir déjà dit, au Japon la grande majorité des temples anciens sont en bois brut, quelques sculptures et éléments architecturaux caractéristiques sont les seules décorations. Il s'en dégage une certaine austérité mais aussi une grande sérénité. Ils sont souvent entourés de jardins, parcs ou jardins de pierre selon l'époque de la construction et l'importance du complexe religieux dans lequel ils sont situés.

A Nikko, c'est différent. Le Tosho-gu a été construit par le petit-fils de Tokugawa Ieyasu (considéré comme l'artisan de l'unification du Japon en 1603) pour abriter le mausolée de son illustre aïeul. Accessoirement, Tokugawa Iemitsu (c'est le nom du petit-fils) en a profité pour consolider l'assise du clan Tokugawa en faisant construire un ensemble de bâtiments d'inspiration chinoise aussi destiné à éblouir de sa splendeur les éventuels rivaux et à leur clouer définitivement le bec. Pour ce faire, il n'a pas lésiné sur les moyens (ce n'était pas le genre de la famille): 15000 artisans, 2,5 millions de feuilles d'or.  Le complexe se trouve dans une superbe forêt de cèdres du Japon (ce sont en fait des cryptomérias) plusieurs fois centenaires. Le résultat: un ensemble de bâtiments colorés comme aucun de ceux que j'ai pu voir jusqu'ici au Japon, ornés de sculptures, de dorures, de métal ajouré... J'ai déjà eu l'occasion de dire que le doré, ce n'était pas ma tasse de thé, mais je dois avouer que le Tosho-gu m'a fait grosse impression. Je crois que c'est en partie dû à la qualité de la lumière du soleil filtrant à travers les cèdres ce jour-là. Je pense qu'on ne voit jamais ces bâtiments en plein soleil car il y a trop d'arbres autour, mais c'est très bien ainsi. Voici donc un détail de la véranda en laque rouge du Yakushi-do, à l'intérieur du Tosho-gu:

nikko1

Quand j'ai reçu ces papiers Scenic Route, à mon retour de vacances la semaine dernière, j'étais un peu déçue, ma première réaction a même été de penser, j'ai commandé ça, moi? Il faut dire qu'il s'était écoulé un certain temps entre la commande et la réception des papiers, car comme la Poste ne semble pas communiquer les mêmes tarifs aux particuliers et aux sites marchands sur internet qui vous disent "pour les expéditions à l'étranger hors UE, nous consulter", j'ai recours à des solutions un peu compliquées pour les acheminements. Ces papiers ont connu quelques déboires, ils avaient pour compagnon de voyage un fromage de chèvre et, comme leur cohabitation dans une enveloppe que le facteur avait fait rentrer en force dans la boîte aux lettres s'est prolongée en raison d'un souci de calendrier, ça s'est assez mal terminé (pour le fromage, en fait, car les papiers n'étaient que cintrés et légèrement odorants). Donc, au premier abord, je n'étais pas emballée, mais quand j'ai sorti ma photo et que je l'ai approchée des papiers, je me suis dit, mais si! Ce sont donc des papiers Scenic Route série Rockland, je ne sais plus trop d'où sort ce brad antique, d'un kit sans doute, un reste de ruban Making Memories et c'est à peu près tout...