03 avril 2007
Partir du bon pied
Retour à mon ABC... j'arrive presque à respecter l'ordre alphabétique, mais il me manque toujours le B! J'ai deux mots candidats, un favori et un outsider, mais une photo pour l'un des deux seulement, si on n'arrive pas à prendre de bon cliché pour le favori, ce sera l'autre qui prendra sa place. Enfin, aujourd'hui, je passe au G et je vais vous parler de chaussures, ou plutôt, d'articles chaussants comme on dit dans les directives européennes (c'est grâce à elles qu'on a une petite étiquette dans la chaussure qui dit en quelle matière est la semelle, le dessus et la doublure, même que c'est bien pratique et que j'aimerais bien que ce soit obligatoire au Japon, parce que je voudrais bien pouvoir être sûre que, quand on me demande un prix prohibitif pour une paire de chaussures, c'est au moins du cuir!). Pour la lettre G, pas vraiment besoin d'étiquettes, c'est du bois, et ça se voit.
Il existe une multitude de chaussures traditionnelles au Japon, mais j'ai choisi la geta parce qu'elle peut être portée indifféremment par les hommes ou les femmes, ce qui n'est pas le cas des autres "articles chaussants" dont je vous parlerai demain. Le terme français le plus proche de ce que sont réellement les geta doit être "socques", chaussure à semelle de bois. Au point de vue chaussant, c'est effectivement très rudimentaire car il s'agit tout simplement d'une planchette de bois ovale tout à fait plate, montée sur deux plaquettes de bois également, fixées perpendiculairement sous cette semelle de bois, et le pied est maintenu dessus par une lanière de type "tong" qui sépare les gros orteil des autres doigts de pied.
Ça donne ça:
J'espère qu'on voit, au premier plan ainsi que sur l'étagère du fond, les petites plaquettes fixées sous la semelle qui surélèvent la geta. Évidemment, tout le monde est loin de se promener chaussé comme ça... Cependant, à la campagne, on voit pas mal de gens d'un certain âge qui portent des geta dans la rue (en général, on les entend approcher de loin!). Si vous retournez à mon article sur le tremblement de terre, vous verrez qu'une des dames qui est devant la maison qui est descendue d'un étage a des geta aux pieds. Dans les hôtels traditionnels, surtout dans les villes d'eau de montagne, des geta sont à la disposition des clients. Si l'hôtel fournit des tabi, chaussettes avec le gros orteil séparé, c'est très appréciable l'hiver, car on ne peut pas enfiler des geta avec des chaussettes classiques. Les geta sont devant la porte et on peut les mettre pour aller se promener dans la rue ou pour aller aux bains publics. Personnellement, l'exercice m'impose une redéfinition assez radicale de mon centre de gravité, surtout dans les rues en pente, donc je ne m'y livre pas aussi souvent que je le pourrais... Les Japonais ont une conception assez différente de la nôtre en matière de chaussant, on considère que la pointure d'une geta est bonne quand à peu près un tiers du talon dépasse à l'arrière, il paraît que ça garantit un bon équilibre (ça doit être ce qui cloche chez moi)!
Ces deux dames qui regardent le pont Shinkyo de Nikko portent des geta avec la yukata et le manteau de leur hôtel.
Comme la plupart des chaussures japonaises traditionnelles, l'intérêt des geta, c'est qu'on peut les enlever et les remettre rapidement. C'est important, car au Japon, on passe son temps à se déchausser. Dès qu'on entre chez quelqu'un, on enlève ses chaussures et on les laisse dans l'entrée et ce, qu'on soit venu pour passer l'après-midi en buvant du thé ou pour contrôler le compteur électrique (je ne vous raconte pas la scène en cas de déménagement!!). On enlève aussi ses chaussures dans les restaurants traditionnels où il y a des sols en tatami, dans certains magasins qui ont une partie tatami, dans les temples, et dans les hôtels traditionnels. Résultat: comme la grande majorité des gens portent quand même des chaussures de type occidental, elles sont généralement complètement écrasées à l'arrière, surtout celles des hommes.
J'oubliais, ma page: papier rouge à motifs japonais, ruban Kuretake, onglet 7 Gypsies et petites geta venant d'un kit d'autocollants Midori (japonais, évidemment, il me reste le kimono et le peigne!), flipettes Making Memories. La photo a été prise dans un magasin de Tsumago, ancien relais de poste dans la vallée de Kiso.
A demain pour d'autres modèles d'articles chaussants!





